Retour

Tempêtes de neige, la pelle votre meilleur ennemi?

Des chutes de neige importantes et de longue durée, comme celles que nous observons ces jours-ci au Québec, sont associées à un risque plus élevé d'hospitalisation pour infarctus du myocarde (IDM), en particulier chez les hommes, montre une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Montréal.

Les Drs Brian Potter et Nathalie Auger pensent que c'est l'action de pelleter qui relie les chutes de neige aux infarctus du myocarde.

La « tempête parfaite »

Déneiger est un exercice cardiovasculaire très exigeant qui sollicite plus de 75 % de la fréquence cardiaque, surtout lorsqu'il s'agit de charges lourdes. Le fait de pelleter par temps froid peut mener à une « tempête parfaite » qui frappe particulièrement les personnes qui ne sont pas en forme qui ont subi ou qui risquent de subir un infarctus.

Les hommes peuvent être plus enclins à déneiger que les femmes, notamment après des chutes de neige importantes.

Dre Nathalie Auger, première auteure

Pour arriver à établir un lien entre tempêtes de neige et un infarctus du myocarde, l'équipe de chercheurs a examiné deux bases de données administratives distinctes contenant des informations sur 128 073 hospitalisations et 68 155 morts à la suite d'un IDM dans la province de Québec entre 1981 et 2014.

Les chercheurs ont aussi utilisé des informations météorologiques détaillées d'Environnement Canada pour la période de novembre à avril de chaque année, pour chacune des régions sanitaires comprises dans cette étude.

Pas moins de 60 % des hospitalisations et des morts causées par un IDM concernaient des hommes. En outre, le jour suivant une chute de neige est le plus significatif. C'est à ce moment qu'environ un infarctus sur trois se produit, et l'association est encore plus forte lorsque les chutes de neige durent deux ou trois jours.

La quantité de neige est associée à un risque plus élevé d'hospitalisation et de décès causés par des IDM chez les hommes le jour suivant les chutes de neige.

Dr Brian Potter

« Le lien entre les chutes de neige et les IDM a été plus significatif auprès des hommes, et moins visible, voire inexistant, chez les femmes », poursuit le cardiologue Brian Potter.

Ces risques demeurent élevés, quels que soient l'âge, les facteurs de risque cardiovasculaires ou tout autre état de santé. Cependant, ces effets n'ont pas été observés chez les femmes.

Sensibiliser pour sauver des vies

Les auteurs de cette étude publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne encouragent la mise en place de campagnes de sensibilisation visant à informer le public des risques d'infarctus à la suite de chutes de neige et du fait qu'il est préférable d'éviter cette activité selon son état de santé.