Les bonobos reconnaissent à long terme la voix de leurs anciens compagnons, ont montré des chercheurs du CNRS/Université Paris-Sud en France. C'est un nouveau point commun entre ce grand singe et l'homme. Génétiquement parlant, les deux espèces sont identiques à 98,7 %.

Un texte d'Alain LabelleTwitterCourriel

La vie sociale des chimpanzés et des bonobos se caractérise par des associations de longue durée entre les individus. Ils forment en fait des réseaux sociaux complexes.

Ces relations nécessitent la capacité de reconnaître les membres d'un groupe, ce qui passe habituellement par l'identification du visage et de la voix.

Les humains sont des experts dans la reconnaissance de la voix de leurs proches. La mémoire vocale persiste même après une séparation de plusieurs années.

Les chercheurs français se sont demandé ce qu'il en était dans le cas de nos cousins les grands singes.

L'exemple des bonobos

Les bonobos vivent dans la forêt équatoriale du centre de l'Afrique. Ils forment de grandes communautés au sein desquelles tous les individus se connaissent.

Les membres d'un groupe se séparent régulièrement pendant des heures, des jours, voire des semaines. Par exemple, certaines jeunes femelles quittent leur communauté d'origine, mais continuent à interagir avec leurs anciens compagnons à l'occasion de rencontres entre les communautés.

L'efficacité de la « navigation sociale » dépend de l'aptitude à reconnaître ses partenaires présents et passés. Les auteurs de ces travaux, publiés dans Scientific Reports, ont montré pour la première fois que le bonobo en était capable.

Pour arriver à ces conclusions, Sumir Keenan et ses collaborateurs ont étudié des bonobos hébergés dans différents zoos européens. Ils ont passé de nombreuses heures à les observer et à les enregistrer. Profitant du fait que certains bonobos avaient connu plusieurs zoos et formé des liens avec des congénères en divers endroits, ils ont diffusé des enregistrements afin d'observer les réactions des singes à des voix familières ou inconnues.

Les résultats sont clairs : les bonobos séparés depuis plusieurs années réagissent fortement lorsqu'ils entendent leurs anciens compagnons.

Quand les cris émis par le haut-parleur étaient ceux d'un individu familier, le bonobo testé s'approchait et criait parfois en retour, visiblement excité à la perspective de revoir un camarade. Au contraire, aucune réaction particulière n'était notée en réponse à une voix inconnue.

Les bonobos sont donc capables de reconnaître la voix d'un congénère, et ce, même après plus de cinq années de séparation.

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