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Un béton de fibres pour mieux résister aux tremblements de terre

Des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) ont mis au point un nouveau béton de fibres résistant aux séismes qui empêcherait les édifices de s'effondrer en cas de tremblement de terre.

Un texte de Noémie Moukanda

Concrètement, les chercheurs ont renforcé du béton avec de la fibre. Le nouveau matériau, appelé composite à base de ciment ductile (EDCC), devient plus solide, malléable et ductile comme de l'acier. Lorsqu'il est appliqué sous forme de revêtement mince sur la surface, il améliore la résistance aux séismes de structures qui n'auraient pu supporter une secousse sismique. Cela fait que le bâtiment, au lieu de s'effondrer, se plie.

« Nous avons pulvérisé un certain nombre de murs avec une couche d'EDCC de 10 millimètres d'épaisseur, ce qui est suffisant pour renforcer la plupart des murs intérieurs contre les chocs sismiques », explique Salman Soleimani-Dashtaki, doctorant au département de génie civil de l'UBC.

Se préparer au « Big One »

L'École primaire Annie B. Jamieson, de Vancouver, est le premier établissement scolaire à bénéficier de cette nouvelle technologie qualifiée de révolutionnaire durant la réfection sismique. La rénovation est en cours depuis cet automne. Cependant, Melanie Mark, la ministre de l’Éducation supérieure, des Compétences et de la Formation, n’a pas donné de calendrier en ce qui concerne les centaines d'écoles à travers la Colombie-Britannique qui ont besoin d’une rénovation pour répondre aux normes sismiques.

La ministre affirme toutefois qu’il est important de sauver les bâtiments publics comme les hôpitaux. Elle a néanmoins bon espoir que les choses iront de l’avant, car son gouvernement s’est engagé « à assurer la sécurité des enfants ».

Un attrait à plusieurs niveaux

En plus d'être novatrice, cette technologie est attrayante par son prix, selon le professeur en génie civil de l'UBC Nemy Banthia.

En outre, le composite à base de ciment malléable est écologique. « En remplaçant près de 70 % du ciment par des cendres volantes, un sous-produit industriel, nous pouvons réduire la quantité de ciment utilisée », souligne Nemy Banthia. « Il s'agit d'une exigence urgente, car une tonne de production de ciment libère près d'une tonne de dioxyde de carbone dans l'atmosphère et l'industrie du ciment produit près de 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. »

Une collaboration indo-canadienne

La recherche a été financée par IC-IMPACTS, le Centre d'excellence en recherche Canada-Inde établi à l'Université de la Colombie-Britannique. Ce centre favorise la collaboration en matière de recherche entre le Canada et l'Inde. IC-IMPACTS offrira d’ailleurs cette technologie pour rénover une école de l'État d'Uttarakhand, une zone très sismique du nord de l'Inde.

« Cette technologie suscite beaucoup d'intérêt en Inde et donnera à nos entreprises canadiennes un avantage concurrentiel important sur le marché croissant des infrastructures mondiales », a ajouté le professeur, qui est également le directeur scientifique d'IC-IMPACTS.

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