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Un cerveau de 17 000 ans pour étudier les troubles du langage

La découverte d'ossements de l'ère paléolithique d'un enfant âgé d'une dizaine d'années pourrait aider à démystifier certaines étapes du développement humain, allant de l'alimentation au développement du langage.

Des archéologues ont découvert les ossements, vieux de 17 000 ans, en 2011, dans une grotte de la région de Calabre, dans le sud de l'Italie. Les restes de celui qu'ils ont baptisé Romito 9 étaient particulièrement bien conservés et entourés d'éléments de décoration élaborés comme des coquillages.

Ces attentions particulières accordées à la dépouille, combinées au jeune âge du spécimen, font en sorte que les ossements de Romito 9 sont dans un état de conservation exceptionnel, selon Fabio Macciardi, un neuroscientifique de l'Université de Californie Irvine.

« C'est un spécimen unique en son genre, il n'y a aucun autre échantillon venant de la même période qui est en aussi bon état », a-t-il expliqué.

Comme Romito 9 n'avait pas fini sa croissance au moment de son décès, les os de son crâne sont restés mous et ont permis « d'imprimer » la surface de son cerveau sur les parois de sa boîte crânienne. Les chercheurs espèrent donc reproduire le cerveau de ce spécimen en partie grâce à l'impression 3D.

Le modèle obtenu sera ensuite étudié et comparé avec des cerveaux d'enfants « modernes » pour tenter de comprendre le fonctionnement interne du cerveau humain au cours des différents stades d'évolution. Cela constitue une avancée significative, puisque les scientifiques sont normalement contraints de faire ce genre de recherches avec des cerveaux de singes.

Selon M. Macchiardi, si les humains possédaient tous le même nombre et le même type de gènes du temps de Romito 9, il existait fort probablement déjà des variations au niveau de la génétique. Ces changements, croit-il, pourraient notamment démystifier les différentes étapes du développement du langage.

« Nous savons que certains changements de l'ADN ne sont survenus que très récemment et qu'ils sont probablement responsables de quelques pathologies liées au langage », a-t-il dit.

Les chercheurs d'universités de Rome, de Florence et de Californie travailleront donc ensemble pour essayer d'analyser l'influence de la génétique sur le développement du cerveau, mais aussi sur l'évolution du régime alimentaire de nos ancêtres.

À long terme, ils espèrent que le fruit de leurs recherches permettra entre autres de découvrir des manières de traiter la dyslexie ou encore les troubles d'élocution.

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