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Un chercheur de l'Alberta prévient du risque associé aux mariages hâtifs

Est-ce un bon choix de se marier jeune? Selon une étude de l'Université de l'Alberta, le mieux est d'attendre un peu avant de prononcer le fameux « oui, je le veux » parce que le mariage au début de l'âge adulte, comporte des risques sur la santé mentale.

Les mariages chez les jeunes adultes peuvent entraîner des dépressions plus tard dans la vie, selon Matthew Johnson, professeur au département des sciences de l'agriculture, de la vie et de l'environnement à l'Université de l'Alberta. Il est arrivé à cette conclusion en collectant des données au sujet de près de 1000 résidents dans la région d’Edmonton. Les individus sélectionnés dans cet échantillon avaient tous un point en commun : ils étaient finissants au secondaire dans les années 80 et sont dans la cinquantaine aujourd'hui.

« Nous voulions comprendre quel a été l'impact du mariage sur leur bien-être », explique M. Johnson. Pour ce faire, ce dernier a suivi ses sujets au cours des différentes périodes de leur vie.

Le chercheur ne nie pas que dans plusieurs cas le mariage a eu des effets positifs sur ces personnes. « Ceux qui se sont mariés étaient moins déprimés, ils étaient plus heureux et avaient une meilleure estime de soi que ceux qui ne l'étaient pas », explique-t-il. Toutefois, ces gens avaient en moyenne célébré leur union à l’âge de 25 ans chez les femmes et 28 ans chez les hommes.

« Nous constatons que les personnes qui se sont mariées à cet âge-là ou après ont été moins déprimées comparativement aux autres qui se sont mariées plus tôt », indique le chercheur.

Des étapes de vie bousculées

« Ils ont terminé leur éducation plus tôt, ils sont entrés sur le marché du travail plus rapidement et ils ont eu des enfants par la suite. L'enchaînement rapide de ces étapes fait en sorte que les gens se retrouvent souvent avec un emploi qu’ils n’aiment pas, mais qu’ils conservent tout de même par obligation financière notamment », constate M. Johnson.

Le chercheur observe que les personnes qui se sont mariées jeunes deviennent plus déprimées lorsqu’ils sont plus avancés dans l’âge adulte. À l’inverse, celles qui attendent un peu plus avant d'échanger leurs voeux ont en général le temps de finir leur éducation ou d’obtenir un plus haut diplôme. Elles ont plus souvent de meilleurs salaires et des emplois plus prestigieux. Ces facteurs influent positivement sur leur bonheur », observe le professeur.

Il y a toutefois un envers à la médaille. Matthew Johnson remarque que d’attendre trop longtemps n’a pas que de bons côtés. Selon le professeur, plus une personne met du temps avant de s’engager, plus il sera difficile pour elle de trouver un partenaire, puisqu'il y en aura moins de disponibles dans son cercle social.

Le chercheur fait aussi remarquer qu’aujourd’hui les jeunes adultes tendent à repousser l’heure du mariage. Les femmes sont nombreuses à se marier dans la trentaine et les hommes se marient en moyenne après la mi-trentaine.