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Un chercheur de l'Université de Sherbrooke s'intéresse à l'impact des pesticides sur les cancers

Un chercheur de l'Université de Sherbrooke veut mieux comprendre les liens entre l'utilisation des pesticides et le développement de certains types de cancer.

Un texte de Geneviève Proulx

L'enjeu fait de plus en plus de bruit. L'utilisation massive de pesticides décime les populations d'abeilles, mais c'est loin d'être la seule conséquence. De nombreuses zones grises demeurent quant à leur impact sur la santé humaine. « L'idée, c'est de savoir si on utilise un produit, qu'est-ce ça va faire vraiment? Mon argument est que, dans la majorité des cas, on ne le sait juste pas », déplore le professeur titulaire au Département de biologie de l'Université de Sherbrooke, Luc Gaudreau.

Dans le laboratoire du professeur Gaudreau, lui et son équipe s'affairent à analyser l'impact d'une vingtaine de pesticides. « Même si un pesticide, à la base, ne semble pas trop dangereux, le simple fait d'activer cette voie va mener à la production ou la fabrication d'une mutation dans l'ADN », soutient-il.

Les recherches de son équipe démontrent que certains pesticides influencent à la hausse le niveau d'oestrogène et que, à long terme, les risques de développer un cancer du sein augmentent.

Simples gestes contre le cancer

Les consommateurs peuvent aussi poser des gestes simples pour se protéger. « Laver les légumes et les fruits et les éplucher. C'est vraiment la plus grande source de pesticides qu'on peut ingérer en ce moment », rappelle une étudiante à la maîtrise en biologie, Myriam Fauteux.

La Fondation David Suzuki et l'organisme Equiterre ont récemment demandé au gouvernement de mieux encadrer l'utilisation des pesticides comme il se fait en Ontario. Pour Luc Gaudreau, ce serait un bon pas en avant, mais il souhaiterait des mesures encore plus sévères. « Tant qu'on n'a pas démontré qu'un produit sécuritaire, bien, on ne l'utilise pas. »

Même si ses recherches sont primordiales, Luc Gaudreau a de la difficulté à les faire financer. Par manque de financement, il a dû se défaire de deux de ses assistants.

Le prochain projet du chercheur vise à comprendre l'impact des pesticides dans le développement du cancer de la prostate.

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