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Un comptage des chauves-souris de l’Î.-P.-É., décimées par le syndrome du museau blanc

Des défenseurs de la faune à l'Île-du-Prince-Édouard tentent d'estimer le nombre de chauves-souris qu'il reste dans la province.

Comme ailleurs en Amérique du Nord, la population de chauve-souris de l’Île a été décimée par le syndrome du museau blanc, un champignon mortel qui s’installe sur certaines parties du corps du petit mammifère et qui donne le museau blanc caractéristique de la maladie.

Au cours des prochaines semaines, le Réseau canadien pour la santé de la faune de l’Île-du-Prince-Édouard (RCSF), avec l’aide de Parcs Canada et de groupes environnementaux, fera une surveillance acoustique de lieux connus d’hibernation des chauves-souris pour tenter d’estimer leur nombre.

Il demande aussi aux Prince-Édouardiens de participer au dénombrement en lui signalant les chauves-souris qu’ils voient.

Déjà, le mois dernier, le Réseau a dénombré 49 chauves-souris dans trois de leurs refuges. Avant l’apparition de la maladie, les chauves-souris se comptaient par centaines dans ces colonies.

Un mammifère important pour l'agriculture

La survie de l’espèce est cruciale, particulièrement pour l’agriculture, rappelle Tessa McBurney, du RCSF.

Ils mangent beaucoup d’espèces de papillons de nuit, des moucherons, des scarabées, tous des insectes nuisibles à l’agriculture et qui s’attaquent aux vergers, aux plants de pommes de terre, à toutes sortes de choses.

Mme McBurney ajoute que les chauves-souris rendent aussi la vie plus agréable à tout un chacun en mangeant une grande quantité de moustiques.

Certaines chauves-souris peuvent manger l’équivalent de la moitié de leur poids en insectes chaque nuit, précise Mme McBurney.

Pour l’instant, rien n’indique que l’effondrement de la population de chauves-souris a réduit le rendement des terres agricoles de l’Î.-P.-É., reconnaît la spécialiste, mais il est possible que les agriculteurs aient augmenté l’épandage de pesticides pour protéger leurs cultures, selon elle.

Deux espèces de chauves-souris menacées à l'Î.-P.-É.

Le syndrome du museau blanc a été détecté pour la première fois à l’Île en 2013. L’année suivante, deux espèces indigènes ont été ajoutées à la liste canadienne des espèces menacées.

Tessa McBurney n’exclut pas que certaines chauves-souris aient développé une immunité au syndrome du museau blanc. Si effectivement leur population s’est stabilisée, il faudra attendre longtemps qu’elle se rétablisse complètement, affirme-t-elle, puisque les femelles ne peuvent qu’avoir un petit par année.

Les défenseurs de la faune encouragent les Prince-Édouardiens à stimuler la reprise en installant chez eux des dortoirs à chauve-souris, de petites cabanes surélevées, peintes en noir et qui font face au sud et à l’est. Des fleurs aux couleurs vives fourniront également une source de nourriture aux petits mammifères en attirant certains des insectes dont ils se nourrissent.

Avec les informations de Shane Ross, CBC

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