Retour

Un « courant-jet » de fer en fusion au centre de la Terre

Un « courant-jet » aux allures de rivière de fer liquide a été détecté à l'intérieur du noyau situé au centre de la Terre à l'aide de satellites de l'Agence spatiale européenne qui ont en quelque sorte réalisé une radiographie de la planète.

Un texte d'Alain Labelle

Le Dr Phil Livermore, de l’Université de Leeds au Royaume-Uni, affirme que cette découverte a été rendue possible grâce au travail des trois satellites de la mission SWARM qui ont permis d’obtenir les radiographies les plus précises à ce jour du noyau terrestre.

Non seulement nous voyons ce courant-jet pour la première fois, mais nous réussissons également à expliquer le pourquoi de sa présence.

Dr Phil Livermore

Le Dr Livermore illustre ce courant-jet comme une bande de fer en fusion qui entoure le pôle Nord, un phénomène qui ressemble à celui observé dans l’atmosphère de la Terre.

Comme le noyau de la planète est situé à 3000 kilomètres de profondeur, les scientifiques n’avaient pas beaucoup d’options pour l’étudier et devaient se fier aux mesures de son champ magnétique.

De précédents travaux semblaient indiquer que les changements dans le champ magnétique étaient causés par le fer dans la partie supérieure du noyau qui se déplaçait plus rapidement dans l’hémisphère nord, principalement en Alaska et en Sibérie.

Or, les plus récentes données satellites révèlent plutôt que ces changements sont provoqués par un courant-jet qui se déplace à une vitesse de 40 kilomètres par an. C’est environ trois fois plus rapide que la vitesse des parties supérieures du noyau et des milliers de fois supérieur à la vitesse de déplacement des plaques tectoniques.

« Cette découverte est un pas important dans notre compréhension du fonctionnement interne de notre planète », explique le Dr Chris Finlay de l’Université du Danemark.

La position du courant-jet s’aligne à la frontière de deux régions distinctes du noyau. Le courant est fort probablement provoqué par un liquide dans le noyau qui se déplace dans cette frontière en provenance des deux zones, un processus qui provoque son accélération.

Les présents travaux sont publiés dans la revue Nature Geoscience.

Plus d'articles

Commentaires