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Un dendroctone du pin hybride et résistant ravage les forêts de Jasper

Le dendroctone qui assèche les forêts du parc national de Jasper, en Alberta, n'est pas un insecte typique, mais un hybride parfait qui pourrait causer encore plus de destruction, selon une nouvelle étude de l'Université de l'Alberta.

Un texte de Tiphanie Roquette

Les premiers signes de l’invasion de cet insecte destructeur dans le parc ont été observés en 2014. Depuis, le dendroctone du pin a ravagé plus de 20 000 hectares de forêt dans la région.

Selon la biologiste Jasmine Janes, certains pensaient que le dendroctone provenait du sud de la Colombie-Britannique, d’autres blâmaient la population d’insectes de la région de Grande Prairie, qui prolifère depuis 2009.

La biologiste qui étudie maintenant à Sidney, en Australie, et son étudiant de l’Université de l’Alberta, Stephen Trevoy, ont analysé la signature génétique de ces différentes populations de dendroctones. Ils ont découvert que l’insecte qui sévit dans le parc national est en fait un mélange parfait des populations du nord et du sud.

« Jasper est devenu l’endroit où ces deux populations se mélangent et s’accouplent », explique Mme Janes.

Un insecte qui s'adapte

Cette fusion des espèces est cependant source d’inquiétude pour les chercheurs. Selon Mme Janes, cela montre la capacité de l’insecte à s’adapter à son environnement pour survivre.

Si elle ne veut pas parler de super insecte pour ne pas créer de panique, Mme Janes admet que la question se pose sur les capacités de cet hybride. « Nous suspectons que ces insectes résistent mieux au froid et parcourent de plus longues distances, ce qui voudrait dire qu’ils peuvent s’adapter à des environnements de plus en plus divers », affirme la biologiste.

La génétique, nouvelle arme?

Si cela se confirme, Jasmine Janes suggère que l’Alberta et Parcs Canada s’attaquent plus offensivement au dendroctone du pin dans la région de Jasper, et ce, même si le fait de couper et de brûler des arbres dans un parc national est une question sensible.

Elle croit aussi que la province devrait ajouter la génétique à son arsenal de surveillance de l’invasion. En étant capable de déterminer quelle population de dendroctone progresse, cela lui permettrait ainsi de concentrer ses efforts à la source de l’invasion.

Depuis 2006, le gouvernement albertain a dépensé près d’un demi-milliard de dollars dans la lutte contre cet insecte.

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