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Un estomac artificiel permet à des chercheurs d'en apprendre plus sur la digestion

L'Université du Manitoba dispose depuis quelques semaines d'un outil unique en son genre pour étudier les effets de la digestion sur l'organisme : les chercheurs peuvent désormais compter sur un estomac artificiel.

Il n'existe que deux machines comme celle-ci au Canada. L'une est au Québec et la deuxième est désormais à l'Université du Manitoba.

« C'est un système qui se base sur la physiologie d'un tractus gastro-intestinal humain ou animal, nous introduisons un produit alimentaire dans le système qui simule ce qui se passe dans l'estomac », explique James House, responsable des sciences nutritionnelles humaines à l'Université du Manitoba.

« Nous serons en mesure d'examiner les facteurs qui absorbent et digèrent les aliments, y compris les aliments fonctionnels, et comment ils sont absorbés et digérés. »

Six heures pour digérer un repas

La machine faite de tubes et de pompes qui est de la taille d'un grand réfrigérateur simule l'estomac et l'intestin grêle des humains et des animaux. Elle utilise une combinaison de produits chimiques, de bactéries, d'enzymes pour décomposer les aliments du début à la fin.

Tout comme l'estomac humain, il faut environ six heures au simulateur pour digérer un repas.

Les observations permettront aux chercheurs de mieux comprendre la digestion et la nutrition et peuvent mener, à terme, à une consommation d'aliments plus saine pour les vrais estomacs.

« Pour l'instant, nous essayons de connaître les caractéristiques nutritionnelles des céréales et des légumineuses », explique Sijo Joseph, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada, l'un des organismes qui utilisent le nouvel équipement.

« Le but ultime est de voir si des nutriments, tels que l'amidon et les protéines, sont transformés dans le corps humain et combien de nutriments sont disponibles dans le sang humain. »

Des choses trop dangereuses pour les gens

À n'importe quel stade de la digestion, les chercheurs peuvent prélever des échantillons pour voir comment les protéines, les lipides, les glucides et les autres composants de la nourriture ont été décomposés et s'ils sont suffisamment petits pour être absorbés dans la circulation sanguine.

« Travailler avec un estomac artificiel est beaucoup plus facile que d'avoir à faire les tests sur de vraies personnes », souligne Sijo Joseph.

« Lorsque l'on teste des aliments et des composants alimentaires, nous nous fions généralement à des essais cliniques humains [...] qui sont fastidieux et coûteux à réaliser », précise-t-il.

« Le simulateur permet également aux chercheurs de tester des choses trop dangereuses pour les gens, ainsi que des aliments qui ne sont pas tout à fait prêts pour la consommation humaine », explique la chercheuse Nancy Ames d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Le simulateur sera principalement utilisé par des chercheurs de l'Université du Manitoba, du Centre canadien de recherches agroalimentaires en santé et en médecine et du Centre Richardson pour les aliments fonctionnels et les nutraceutiques.

À terme, des chercheurs du monde entier pourraient également mener des études sur la machine.