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Un GPS sophistiqué dans la tête de la fourmi

Les fourmis sont capables de se repérer dans l'espace, quelle que soit l'orientation de leur corps, grâce à un « système de navigation GPS très sophistiqué », a découvert une équipe internationale d'entomologistes.

Un texte d'Alain Labelle

Elles ont beau avoir un cerveau plus petit qu'une tête d'épingle, les fourmis sont d'excellentes navigatrices. Elles sont capables de se diriger sans problème, même en marchant à reculons.

Les présents travaux montrent que les fourmis s'orientent en observant la position du soleil et en mémorisant certaines caractéristiques des lieux.

Pour y arriver, elles utilisent plusieurs aires cérébrales distinctes, ce qui montre que le fonctionnement du cerveau de cet insecte est beaucoup plus complexe que les scientifiques ne l'imaginaient à ce jour.

En effet, les chercheurs pensaient que la fourmi mémorisait l’espace perçu visuellement le long de sa route telle qu'il était projeté sur ses rétines à facettes, de façon égocentrée. Selon cette hypothèse, il était donc nécessaire que le corps de la fourmi soit toujours aligné de la même façon d'un trajet à l'autre, afin que la scène perçue par sa rétine puisse être reconnue.

Or, les scientifiques ont observé que les fourmis marchant à reculons s’arrêtaient à certains moments pour regarder autour d'elles afin de vérifier les alentours et d'utiliser cette information pour établir leur itinéraire en fonction du soleil.

Cette découverte laisse à penser qu'elles sont capables de saisir les interactions spatiales dans le monde extérieur, pas seulement par rapport à elles-mêmes.

Cette capacité d'ajustement pour naviguer pourrait inspirer la création de nouveaux logiciels d'ordinateur visant à guider des robots, estiment les chercheurs.

Comprendre leur comportement nous donne de nouveaux éclairages sur le fonctionnement de leur cerveau et peut nous inspirer pour concevoir des systèmes robotiques reproduisant leurs fonctions cérébrales.

La professeure Barbara Webb, Université d'Édimbourg

Le détail de cette étude est publié dans la revue Current Biology.

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