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Un mathématicien britanno-colombien reçoit le prix Abel pour sa théorie révolutionnaire

Un mathématicien originaire de la Colombie-Britannique recevra le prix Abel 2018, l'une des plus prestigieuses distinctions au monde en matière de mathématiques.

L'académie norvégienne des sciences et des lettres a arrêté son choix sur Robert Langlands « pour son programme visionnaire reliant la théorie des représentations à la théorie des nombres ».

Né en 1936 à New Westminster en Colombie-Britannique, Robert P. Langlands avait 30 ans quand il a décrit pour la première fois sa théorie reliant l’analyse harmonique à la théorie des nombres.

Il était professeur à l'Université Princeton et avait écrit une lettre de 17 pages au grand mathématicien français André Weil pour lui présenter ses nouvelles réflexions mathématiques.

« J'apprécierais vraiment si vous pouviez les lire comme une pure spéculation », disait la lettre. « Si ce n'est pas possible, je suis certain que vous avez une poubelle à portée de main », poursuivait l'auteur.

Un programme original en son nom

Le jeune professeur suggérait des liens entre la théorie des nombres et l'analyse harmonique, deux domaines qui étaient considérés comme indépendants. Cette lettre a révolutionné la façon de penser en matière de mathématique.

Ses observations si originales ont mené au lancement du programme de Langlands, qui a réuni, pendant un demi-siècle, des centaines mathématiciens parmi les meilleurs du monde.

Selon l'Académie norvégienne des sciences et des lettres, il n'existe pas d'autre projet dans le monde des mathématiques modernes ayant une portée aussi large, ayant produit tant de résultats profonds et ayant mobilisé autant de personnes.

Robert Langlands a étudié à l'Université de la Colombie-Britannique et à Yale. Quand il n'est pas à l'Université Princeton, où il enseigne encore et occupe l'ancien bureau d'Albert Einstein, il vit dans le quartier Outremont, à Montréal.

Il recevra le prix Abel ainsi qu’une bourse valant plus de 1million de dollars le 22 mai prochain à Oslo.

D'après un reportage de Julie Landry