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Un médicament contre l’acné pour ralentir les symptômes de la sclérose en plaques

La minocycline, si elle est administrée assez tôt, réduit les risques de crise et ralentit la progression de la sclérose en plaques. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs de Calgary, en Alberta, qui travaillent sur cette étude depuis 18 ans.

Un texte d’Emma Hautecoeur

La sclérose en plaques est une maladie dégénérative qui s’attaque au système nerveux. Selon la Société canadienne de la sclérose en plaques qui finance l'étude, le Canada affiche le plus haut taux de cas de sclérose en plaques du monde.

Les chercheurs ont découvert que la minocycline, un antibiotique utilisé depuis une cinquantaine d’années pour traiter l’acné, réduit l’inflammation et peut ainsi prévenir la destruction de la gaine protectrice des nerfs à l’origine des symptômes de la sclérose en plaques.

La condition? Il faut que ceux-ci soient détectés assez tôt.

« Les patients qui reçoivent ce traitement-là devraient faire 30 % moins de poussées que s'ils n'étaient pas traités », avance un des auteurs de l’étude et neurologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), Pierre Duquette. Il pense que c’est une « excellente idée » de débuter par un traitement à la minocycline lorsque les symptômes sont modérés.

Comme le médicament a déjà été approuvé par Santé Canada, les médecins peuvent le prescrire librement.

Un traitement efficace et beaucoup moins cher

Une participante de l’essai clinique avait 27 ans lorsqu’elle a ressenti pour la première fois les fourmillements et les engourdissements précurseurs de la maladie. Elle a pris 100 mg de minocycline deux fois par jour pendant six ans dans le cadre de l’étude. Aujourd'hui, elle n’a plus de symptômes et n’a pas reçu de diagnostic de sclérose en plaques.

D'autre part, ce médicament est nettement moins cher que les traitements habituellement prescrits. Ceux-ci peuvent s’élever à 40 000 $ annuellement, contre 600 $ pour la minocycline.

L’essai clinique a été réalisé auprès de 142 participants de 18 à 60 ans dans 12 centres de recherche au Canada. Le centre situé à Ottawa était par ailleurs sous la direction du Dr Mark Freedman, neurologue et chercheur principal à l’Hôpital d’Ottawa.

Les résultats de l'étude clinique pancanadienne seront publiés jeudi dans le New England Journal of Medicine.

D’après les informations recueillies par Catherine Bouchard

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