Retour

Un nouveau centre de recherche à Calgary, sans germes

Un nouveau centre international de recherche sur le microbiome, sans germes, a ouvert ses portes aux chercheurs à l'Université de Calgary.

Un texte de Julie Préjet

Il n’y a que quelques installations de ce genre au monde, mais avec une superficie de 1000 mètres carrés, c’est le plus grand. Plusieurs barrières ont été mises en place afin de bloquer l'accès au microbes.

Un système de chauffage et de ventilation est réservé uniquement au centre et un système de filtrage est en place pour chaque salle. Chaque isolateur de laboratoire, qui contient des animaux de recherche, aura aussi son propre système de filtrage.

Tout employé devra aussi prendre une douche et enfiler des vêtements stériles avant d’entrer dans le centre. L'équipement et les matériaux passeront par un autoclave afin de les stériliser.

Tout ce qui ne peut passer par l'autoclave sera stérilisé dans une douche à air filtré. Les salles sont toujours maintenues à une pression positive afin d’assurer que l’air, et les microbes qu'il pourrait transporter soit toujours poussé vers l'extérieur.

La construction de ce centre de recherche a été tout un défi, comme l’explique la directrice des programmes au centre de recherche, Shaunna Huston. « C’est une des seules installations au monde avec autant de restrictions au niveau d’architecture pour assurer que les animaux restent à l’abri de tout germe », explique-t-elle.

Le centre permettra aux chercheurs d’étudier davantage le microbiome, qu'ils classifient comme « l’organe oublié ».

La clé pour étudier les maladies chroniques

Depuis plusieurs années, des chercheurs ont découvert qu’il y a un lien entre le microbiome et plusieurs maladies chroniques. « Nous voulions étudier comment ces microorganismes modifient notre santé en cas de maladies chroniques afin de développer de meilleures méthodes de diagnostics et thérapeutiques pour la prévention et le traitement des maladies », explique Shaunna Huston.

Selon les chercheurs, les maladies chroniques ont augmenté à un rythme alarmant depuis les dernières décennies. Par exemple, le nombre de Canadiens qui ont le diabète a doublé entre 2004 et 2016.

Kathy McCoy, professeur à l'Université de Calgary, ajoute que cette hausse du nombres de cas de maladies est reliée à notre environnement, qui a beaucoup changé en raison de nombreux éléments, comme l’urbanisation et la nourriture. « Les microbes mangent ce que nous mangeons, dit-elle. Si nous changeons notre alimentation, on change donc la composition de notre microbiome. »

L’effet des antibiotiques sur le microbiome sera aussi étudié au centre. Selon Kathy McCoy, seule une dose d’antibiotiques est nécessaire pour changer la composition du microbiome, qui ne retournera jamais à son état original. « Nous pouvons donner des antibiotiques à des moments critiques de la vie pour étudier l’impact sur un système immunitaire en développement », explique-t-elle.

Des animaux sans microbes

Le centre de recherche doit donc obtenir des animaux qui n’ont aucun microbe. Il y a déjà de tels souris dans d’autres centres de recherche ailleurs dans le monde.

Les premières souris sans germes ont été nées par césarienne et élevées par des humains dans un environnement complètement stérile. Maintenant, des embryons seront transférés dans une souris stérile, qui l'élèvera après sa naissance comme si c’était son propre petit.

Mais selon le professeur Kathy McCoy, l’importance de ces installations n’est pas seulement d’avoir un environnement et des animaux sans germes. « Le plus grands avantage c’est pouvoir réintroduire les microbes et de suivre ce qui se passe », affirme-t-elle.

Le centre sera le premier au monde à utiliser l’imagerie des cellules vivantes dans des installations sans microbes, leur permettant d’étudier en temps réel la colonisation des microbes dans le corps.

Le centre de recherche espère publier des études au cours de la première année suivant son ouverture.

Plus d'articles

Commentaires