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Un pas de plus accompli en vue d'un voyage sur Mars

Les six volontaires qui se sont isolés pendant un an à Hawaï pour simuler un voyage sur Mars ont terminé leur expérience dimanche. Les trois hommes et trois femmes ont passé un an en isolement, la plus longue expérience du genre menée par les États-Unis, afin de récolter de l'information sur un éventuel vol habité sur Mars.

Les six personnes étaient confinées dans un dôme de 11 mètres de diamètre sur 6 mètres de hauteur. Il avait été installé sur la côte nord et aride du volcan Mauna Loa, un lieu qui se rapproche du décor martien. L'endroit offre peu de végétation et est exempt de vie animale.

Les volontaires n'ont pas vécu les changements de saison et ils ne pouvaient sortir du dôme qu'avec une combinaison spatiale. Chacun des membres de l'équipage disposait d'une petite chambre, avec un espace pour un lit de camp et un bureau. Leur diète comprenait notamment du fromage en poudre et des boîtes de thon.

Le Français Cyprien Verseux, un ancien biologiste, était très heureux à l'idée « de retrouver des sensations comme se balader à l'air libre, rencontrer des inconnus et manger des produits frais ».

La plus grande difficulté à laquelle se sont heurtés les isolés est la « monotonie », a expliqué le Français. Il a conseillé aux futurs volontaires de prendre des livres avec eux pour rompre l'ennui. Les volontaires avaient un accès limité à Internet.

M. Verseux était tout de même satisfait des résultats de l'expérience.

Outre l'ancien biologiste, l'équipage comprenait une physicienne allemande et quatre Américains : un pilote, un architecte, une médecin-journaliste et une géologue.

L'Agence spatiale américaine souhaitait tirer le maximum d'informations sur la cohésion et l'évolution psychologique des membres de la mission isolée avant d'envoyer des astronautes vers la planète Mars. La NASA envisage d'entreprendre une telle aventure dans les années 2030.

L' « aura particulière » de Mars

En entrevue avec l'Agence France-Presse, l'astrophysicien français Francis Rocard explique l'intérêt particulier des scientifiques pour Mars par les possibilités qui sont plutôt restreintes.

La plupart des autres lieux à leur portée ayant déjà été expérimentés ou représentant des défis de moindre ampleur, les scientifiques souhaitent maintenant trouver des preuves de vie sur Mars.

Le danger des radiations spatiales

L'astrophysicien assure que l'un des plus grands défis physiques pour l'homme sur Mars sera le danger des radiations spatiales.

« On peut se protéger des radiations solaires, mais pas des galactiques, permanentes et plus énergétiques, et on va dépasser les doses réglementaires des travailleurs du nucléaire. Selon un rapport de 2014, les hommes, notamment plus âgés, résisteraient mieux [à ce risque]. Il faudra faire des sélections. »

L'alimentation, et plus spécialement l'eau, demeure un enjeu technique pour une mission sur Mars, notamment en raison de la froideur de la planète rouge, où l'eau se trouve sous forme de glace, souligne-t-il.

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