Les hommes et les femmes d'âge moyen qui prennent fréquemment des saunas présentent un risque considérablement réduit d'accident vasculaire cérébral (AVC), montre une étude européenne menée sur une période de 15 ans.

Un texte d'Alain Labelle

Un AVC survient lorsque le flux sanguin vers une partie ou une autre du cerveau est interrompu, ce qui endommage les cellules cérébrales. Il est l’une des principales causes d’invalidité dans le monde.

Ses effets sur le cerveau dépendent de la zone qui a subi des dommages et de leur étendue.

« Nos résultats sont intéressants parce qu’ils laissent à penser que cette activité que les gens utilisent pour la relaxation et le plaisir peut aussi avoir des effets bénéfiques sur la santé vasculaire », poursuit le Dr Setor Kunutsor.

Ces résultats sont basés sur l’étude Kuopio Ischaemic Heart Disease Risk Factor (KIHD). Des travaux auxquels 1628 personnes d’un âge moyen de 63 ans sans antécédents d’AVC ont participé.

En fonction de la fréquence des bains de sauna finlandais traditionnels (une humidité relative de 10 % à 20 %), les participants à l’étude ont été divisés en trois groupes :

  • ceux qui prennent un sauna une fois par semaine ;
  • ceux qui prennent un sauna deux à trois fois par semaine ;
  • ceux qui prennent un sauna quatre à sept fois par semaine.

Des résultats clairs

Les données recueillies dans ces travaux montrent que plus les participants s’adonnent à des séances de sauna, plus le risque d’accident vasculaire cérébral diminue.

Par comparaison, les personnes qui s’adonnent à des séances de sauna de deux à trois fois par semaine réduisent leur risque de 14 % par rapport à celles qui ne s’y adonnent qu’une fois par semaine. Ce pourcentage monte à 61 % chez les personnes qui prennent de quatre à sept séances par semaine.

Cette association persiste même en tenant compte des facteurs de risque habituels d’AVC, tels que l’âge, le sexe, le diabète, l’indice de masse corporelle, les lipides sanguins, la consommation d’alcool, l’activité physique et le statut socioéconomique.

En outre, la force de l’association était similaire chez les hommes et les femmes.

De précédentes études avaient montré que les saunas sont associés à une réduction du risque d’hypertension artérielle, de démence et de mortalité cardiovasculaire.

Celle-ci est cependant la première qui s’est intéressée au lien entre le sauna et le risque d’accident vasculaire cérébral.

L’une des limites de cette étude est qu’elle n’est basée que sur des saunas finlandais traditionnels. Ses conclusions ne peuvent donc pas s’appliquer à d’autres types de thérapie thermique tels que l’exposition à la chaleur infrarouge, les hammams ou les bains-tourbillon.

Bémol

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Neurology (en anglais) rappellent que certaines personnes ne devraient pas utiliser les saunas, par exemple celles qui ont récemment eu une crise cardiaque ou celles qui souffrent d’angine instable. Les personnes âgées souffrant d’hypotension doivent aussi être prudentes lorsqu’elles prennent un bain sauna.

Plus d'articles