Tous les sourires n'expriment pas que de la joie ou du bonheur. Ils sont parfois associés à la dominance ou au pouvoir, et nos corps réagissent différemment selon le message perçu. Explication.

Un texte d'Alain LabelleDes psychologues américains et israéliens ont montré que les sourires associés à la dominance mènent à une forte réaction physique. En fait, le corps des destinataires de ces sourires réagit et voit une augmentation d’hormones associées au stress.

De l’autre côté, les sourires associés à la récompense ou au renforcement d’un comportement semblent servir de tampon contre le stress pour ceux à qui ils sont destinés.

Ces travaux montrent que les différences subtiles dans vos expressions faciales pendant que vous discutez avec quelqu’un peuvent fondamentalement changer son expérience, ses réactions corporelles et la façon dont il perçoit que vous l’évaluez.

Dans ces travaux, trois types de sourire ont été évalués :

  • de dominance (lié au pouvoir et au statut)
  • d’affiliation (communique un lien et montre que vous n'êtes pas une menace)
  • de récompense (grand sourire que vous donnez à quelqu'un pour lui faire savoir qu'il vous rend heureux)

Les chercheurs ont testé la réaction de 90 étudiants masculins qui devaient donner une présentation orale devant une webcam à des juges, d’autres camarades de classe (qui participaient à l’étude).

Pendant leurs présentations, les participants ont pu apercevoir de brefs extraits de réactions des juges, mais chacune des vidéos avait été préenregistrée et représentait un type de sourire.

Durant ces présentations, les chercheurs surveillaient la fréquence cardiaque des présentateurs et prélevaient périodiquement des échantillons de salive pour mesurer la présence de cortisol, une hormone associée au stress.

Constat : s'ils recevaient des sourires de dominance qu'ils interpréteraient comme négatifs et critiques, les présentateurs ressentaient plus de stress, si bien que leur niveau de cortisol montait et restait élevé longtemps après leur discours.

D’un autre côté, s'ils recevaient des sourires de récompense, les orateurs les associaient à une approbation, et cela les empêchait d’être stressés et de produire du cortisol.

L’effet des sourires d'affiliation se rapprochait de ceux de récompense, mais les résultats étaient plus difficiles à interpréter. Les auteurs estiment que le message d'affiliation dans le contexte de jugement était probablement plus difficile à percevoir pour les présentateurs.

En outre, les participants dont le rythme cardiaque variait le plus montraient des réactions physiologiques plus fortes aux différents sourires.

Mais les chercheurs affirment que la variabilité du rythme cardiaque peut être influencée par plusieurs facteurs, de l’obésité à l’anxiété en passant par la dépression. Ces facteurs peuvent entraîner une diminution de la variabilité du rythme cardiaque. Ils peuvent rendre les personnes moins susceptibles de reconnaître les signaux sociaux tels que la domination et d'y réagir.

Les résultats de l'étude montrent que les sourires ne constituent pas nécessairement une rétroaction non verbale positive et qu'ils peuvent influer sur les interactions sociales en affectant la réaction physiologique des personnes qui les perçoivent.

Le petit échantillon de participants exclusivement masculins limite la possibilité de généraliser ces résultats. D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer si les hommes et les femmes réagissent différemment au même type de sourire.

Le détail de ces travaux est publié dans Scientific Reports.

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