Des astrophysiciens ont fait une découverte surprenante lorsqu'ils ont observé un trou noir se nourrir pour la première fois : ils ont constaté qu'il consommait des nuages de gaz froid, et non du plasma, comme ils le croyaient.

Selon une étude publiée dans la revue Nature par une équipe internationale de scientifiques, qui inclut des Canadiens, le trou noir a gobé des nuages de gaz très froids composés notamment d'hydrogène et de monoxyde de carbone.

« C'est surprenant, parce que le gaz est extrêmement froid et agglutiné, explique le principal auteur de l'étude, Grant Tremblay. La théorie et les simulations nous laissaient croire que les trous noirs se nourrissaient de plasma extrêmement chaud, sphérique lisse. Nos observations sont incompatibles avec cette théorie. »

Les astrophysiciens doivent donc réviser leurs théories sur les interactions entre les trous noirs et les galaxies géantes qui les entourent, selon M. Tremblay, qui a fait ses études doctorales à l'Université du Manitoba.

Le trou noir géant qui fait l'objet de cette étude est situé au centre de la galaxie Abell 2497, la plus importante d'un amas d'une centaine de galaxies situé à environ 1,2 milliard d'années-lumière de la Terre.

Les scientifiques ont pu observer le trou noir grâce au Atacama Large Millimeter Array (ALMA), un radiotélescope international établi au Chili. Le trou noir d'Abell 2497 génère un champ magnétique intense et le vrillement des électrons génère des ondes radio visibles à ALMA.

En observant le mouvement du monoxyde de carbone, qui est seulement présent dans les nuages de gaz extrêmement froids, ils ont observé des amoncellements de gaz froids qui se déplaçaient vers le trou noir à une vitesse d'environ 300 kilomètres par seconde.

Ce n'est pas la première fois que des scientifiques remettent en doute la théorie selon laquelle les trous noirs se nourrissent de plasma. En 1994, les astrophysiciens de l'Université du Manitoba et coauteurs de l'étude, Christopher O'Dea et Stefi Baum, ont été les premiers à faire état d'indications selon lesquelles des nuages d'hydrogène gazeux tombaient dans le trou noir situé au centre d'Abell 2497.

Plus d'articles

Commentaires