Retour

Une application permet de recenser les orignaux avec son téléphone

Un professeur de l'Université de l'Alberta veut révolutionner la manière dont on fait le décompte des orignaux dans la province. Il a développé une application pour téléphones intelligents qui permet aux chasseurs de lui fournir des données précieuses pour assurer la conservation de ce grand cervidé.

Un texte de Camille Martel

Les décomptes aériens des orignaux coûtent en moyenne 60 000 $ par unité de gestion faunique. En Alberta, on trouve des orignaux dans 150 de ces régions.

Une activité dispendieuse, mais surtout dangereuse : « Plusieurs biologistes sont morts dus aux recensements aériens », explique le professeur Mark Boyce de l'Université de l'Alberta. Les petits appareils volent habituellement en basse altitude et se retrouvent souvent en secteur éloigné et montagneux.

Une inspiration scandinave

Ce drame l'a poussé à trouver une autre solution aux recensements aériens. Il a développé une application permettant de recenser les orignaux grâce aux chasseurs après un voyage en Scandinavie.

Les chasseurs scandinaves, dit-il, ont l'habitude de colliger leurs observations fauniques après chaque journée de chasse. Ainsi, des pays comme la Suède et la Norvège ont pu abandonner les recensements aériens pour assurer la gestion faunique de cet animal.

Par contre, la réalité est tout autre au Canada où les chasseurs n'ont pas vraiment l'habitude de se rendre à des postes de collecte de données, notamment lorsqu'ils partent en forêt pour plusieurs jours.

L'idée d'une application a finalement vu le jour en 2012. Moose Survey permet aux chasseurs d'entrer leurs observations quotidiennes, qu'il y ait du réseau cellulaire ou non puisque les données peuvent être enregistrés puis envoyer par la suite.

Le tout est colligé dans une base de données qui jusqu'à présent concorde avec les résultats obtenus lors des derniers décomptes aériens. L'application compte aujourd'hui 14 000 utilisateurs en Alberta, soit quatre fois plus qu'à ses débuts.

Par contre, il est encore trop tôt pour abolir les décomptes aériens, déplore le chercheur, puisque seulement 5 % des chasseurs albertains participent à cette collecte de données collective.

Il espère voir plus d'utilisateurs dans les prochaines années afin de solidifier ses résultats et un jour voir la fin des décomptes aériens qui, dit-il, ne sont pas assez fréquents.

Le chercheur espère solidifier ses résultats dans les prochaines années pour voir un jour la fin des décomptes aériens. Il travaille aussi sur une manière d'ajouter la localisation des observations faites par les chercheurs en ajoutant une fonction GPS sans pour autant décharger trop rapidement la batterie des téléphones.

Plus d'articles

Commentaires