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Une barricade extracellulaire à l'origine du pouvoir infectieux du VIH

Le VIH incite les globules blancs infectés à synthétiser un maillage extracellulaire qui abrite ses particules virales, ont montré des chercheurs français.

La virologue Maria-Isabel Thoulouze et ses collègues de l'Institut Pasteur estiment que cette matrice protège le sang infecté du système immunitaire et des médicaments antirétroviraux.

Cette découverte ouvre la porte à la création d’une nouvelle cible thérapeutique.

Percer les défenses

Toutefois, ce virus se transmet très bien d’une cellule à une autre lorsque celles-ci entrent en contact. Il faut alors des doses très élevées d’antirétroviraux pour empêcher la contamination.

Les présents travaux montrent que le VIH ne se transmet pas uniquement de manière isolée entre lymphocytes, mais aussi sous forme d’agrégats de particules virales, véhiculées dans une matrice extracellulaire adhésive. Celle-ci les protégerait également du système immunitaire et des antirétroviraux.

Cet enchevêtrement, composé en partie de protéines et de sucres, est comparable à celui du biofilm sécrété par certaines bactéries pour se protéger de leur environnement. Il rend le VIH beaucoup plus infectieux, réduit l’efficacité des antirétroviraux et limite l’action des anticorps.

Comparativement aux virus isolés, ceux véhiculés dans ce cocon protecteur se transmettent beaucoup plus efficacement d’une cellule à une autre.

Mme Thoulouze explique que le VIH, ainsi concentré et compartimenté, devient moins sensible aux traitements et moins accessible au système immunitaire. « Ce qui pourrait expliquer la persistance du virus dans l’organisme, malgré la prise en charge thérapeutique », ajoute-t-elle.

Une barricade à détruire

La destruction de ce maillage constitue donc, selon les chercheurs, un nouvel espoir de traitement qui pourra éventuellement :

  • limiter le transport collectif des particules virales;
  • améliorer l’efficacité de la réaction immunitaire contre le VIH;
  • renforcer celle des traitements antirétroviraux.

D’autres recherches doivent être réalisées pour valider cette nouvelle approche, qui a été présentée lors de la neuvième conférence scientifique sur le VIH-sida organisée par l’International Aids Society (IAS) et l’ANRS à Paris la semaine dernière.

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