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Une base de données pour lutter contre les bactéries

Un chercheur de l'Université de Calgary, Ian Lewis, promet de révolutionner le traitement des infections en créant une base de données des souches bactériennes.

Le professeur agrégé de biologie est l'un des bénéficiaires d’un investissement de 162 millions de dollars sur quatre ans de l’organisme Génome Canada et des Instituts de recherche en santé du Canada. Son équipe a reçu 11 millions de dollars pour son projet.

Le chercheur veut étudier les spécificités biochimiques de 50 000 souches bactériennes et les lier à l’état de santé des patients qui ont contracté ces microbes.

Ces données seront ensuite rassemblées dans un répertoire informatique, appelé ResistanceDB. L’objectif est que les médecins puissent accéder à cette base de données sur leur téléphone pour personnaliser le traitement en fonction des risques du patient.

Selon le chercheur, la moitié des antibiotiques prescrits sont inutiles. Même lorsqu’ils sont prescrits pour lutter contre une infection bactérienne, les médecins ont dû mal à adapter le traitement aux caractéristiques de l’infection.

« En ce moment, nous avons une approche uniforme de la médecine. Les patients sont traités en fonction de leurs symptômes, et on accorde peu d’attention aux différences dans les infections. Or, les bactéries ont des spécificités », explique le professeur Lewis.

La menace des superbactéries

Le danger de cette utilisation uniforme des antibiotiques est, bien sûr, l’apparition de superbactéries résistantes à toute forme de traitement. Selon Ian Lewis, le risque est tel que la durée de vie des Canadiens pourrait être réduite de 20 ans.

Le chercheur ne croit pas que sa base de données sera suffisante pour contrer l’apparition des superbactéries, mais il espère pouvoir étendre la durée de vie des antibiotiques efficaces aujourd’hui.

Ses premières recherches se concentreront sur les 8 pathogènes responsables de 85 % des infections contractées à l’hôpital, comme E. coli et le staphylocoque doré. Les bactéries responsables des infections urinaires seront également étudiées parce qu’elles sont considérées comme la porte d’entrée de nombreuses infections sanguines.