Retour

Une commotion cérébrale chez un enfant peut nuire à la relation avec ses parents

Peu importe leur âge, la plupart des enfants récupèrent généralement bien d'une commotion cérébrale. Mais chez les enfants de cinq ans et moins, le traumatisme pourrait aller jusqu'à détériorer la relation avec leurs parents, révèle une récente étude montréalaise.

Un texte de Christine Bureau

Environ 2 % des enfants d'âge préscolaire sont victimes d'une commotion cérébrale à un moment ou à un autre. C'est le groupe d'âge qui compte le plus d'admissions à l'hôpital pour ce genre de traumatisme, mais c'est aussi le plus vulnérable. 

« Physiquement, ils sont plus fragiles et leur tête est plus fragile, mais il y a aussi tout le rôle du cerveau qui est de sous-tendre le développement de nouvelles habiletés », explique Miriam Beauchamp, chercheuse au CHU Sainte-Justine, professeure à l'Université de Montréal et auteure principale de l'étude.

Une moins bonne communication

Pour leur étude publiée dans le Journal of Neuropsychology, Miriam Beauchamp et son équipe ont analysé les cas de 130 enfants âgés de 18 mois à 5 ans avec leurs parents. Certains avaient subi une commotion cérébrale, d'autres une blessure comme une fracture à la jambe ou une entorse du bras, et les derniers n'avaient subi ni commotion cérébrale ni blessure.

Ils ont été vus six mois après le traumatisme subi. En plus de répondre à un questionnaire d'évaluation, les parents ont participé avec leurs enfants à une séance d'évaluation filmée en laboratoire. Devant les chercheurs, ils ont partagé une collation ou encore joué ensemble, tout simplement.

Trois sphères ont été analysées : la qualité de la communication, la coopération et l'ambiance émotionnelle. « Très généralement, ce qu'on cherche dans une relation de belle qualité, c'est une réciprocité entre le parent et l'enfant, que le parent et l'enfant soient capables de se répondre l'un et l'autre, que ce soit fluide et naturel », illustre Mme Beauchamp.

Quand une relation se détériore, le parent et l'enfant se coupent la parole ou encore l'enfant tente d'aborder un sujet dont le parent ne tient pas compte, poursuit-elle.

Les chercheurs devront toutefois approfondir leurs recherches avant d'identifier d'autres facteurs qui pourraient influencer ce changement dans la relation, ce qui inclut le comportement du parent. Ce dernier peut vivre du stress ou de l'anxiété à la suite du traumatisme.

Des symptômes parfois difficiles à détecter

Le défi est d'autant plus grand pour les parents qu'il est parfois difficile de détecter un traumatisme crânien cérébral chez les enfants, puis de réaliser quel impact il a.

Une commotion peut causer une perte de connaissance et des vomissements, mais aussi de la confusion, de l'irritabilité, une baisse d'équilibre et des maux de tête.

« Pour ces derniers éléments, vous pouvez vous imaginer que [...] ce sont des choses difficiles à déceler. Un enfant de deux ans ne dira pas à son père : "J'ai mal à la tête, je suis fatigué" », note Mme Beauchamp. Les symptômes d'irritabilité peuvent persister durant les semaines suivant le traumatisme, voire des mois.

Les enfants observés par l'équipe de chercheurs montréalais seront d'ailleurs revus 12 mois et 18 mois après la commotion subie. Comme il s'agit de l'une des premières études sur le sujet, l'un des objectifs est de voir combien de temps peuvent perdurer les impacts d'un tel traumatisme sur les habiletés sociales de jeunes enfants.

Plus d'articles

Commentaires