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Une découverte qui pourrait changer de nombreuses vies

Et si vos os sécrétaient, eux aussi, des hormones? C'est l'hypothèse qui a permis au Dr Mathieu Ferron, qui a grandi à Pohénégamook, de faire une découverte qui pourrait bien aider à prévenir le diabète de type 2 et l'obésité.

Un texte de Jérôme Lévesque-Boucher

Jusqu'à tout récemment, les scientifiques croyaient que notre squelette n'était que la charpente soutenant les muscles, les organes et les tissus de notre corps. Or, les chercheurs ont vérifié cette idée préconçue.

Les conclusions ont dû être changées puisque des signaux chimiques sont, en effet, émis par nos os. C'est le travail d'une équipe de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), sous la responsabilité du Dr Ferron, qui a mis en lumière cette nouvelle avancée.

Dans un récent article publié dans The Journal of Clinical Investigation, l’équipe du Dr Ferron a dévoilé une nouvelle pièce du casse-tête qui expliquerait le fonctionnement de l’ostéocalcine.

L'ostéocalcine est une hormone produite par nos os qui influencerait le métabolisme du sucre et des graisses dans notre corps. « L’ostéocalcine favorise entre autres la production d’insuline, ce qui fait diminuer le taux de glucose dans notre sang. Elle pourrait également nous protéger de l’obésité en augmentant notre dépense énergétique », explique Dr Ferron.

Ultimement, cette découverte pourrait ouvrir la porte à l'élaboration de solutions pour prévenir le diabète de type 2 et l'obésité.

Un autre mystère élucidé

Cette découverte a permis à l'équipe du Dr Ferron de trouver réponse à une autre question.

L’ostéocalcine est fabriquée par les mêmes cellules qui sont chargées de former nos os, les ostéoblastes. Elle s’accumule ensuite à l’intérieur de l’os. Puis, grâce à une succession de réactions chimiques, l’hormone est relâchée dans le sang.

C’est sur cette étape décisive que l’équipe de l’IRCM s’est penchée, car elle voulait comprendre comment l’ostéocalcine passe de cette forme inactive à sa forme active, ce qui est un peu la clé de voûte à la compréhension de son fonctionnement et, éventuellement, à l'élaboration d'un traitement thérapeutique

Le laboratoire de l’IRCM a réussi à démontrer qu’il fallait avoir recours à une enzyme qui agit comme un ciseau moléculaire. En effet, l’ostéocalcine dans sa forme inactive est munie d’un morceau de plus que dans sa forme active.

Les chercheurs ont donc examiné, chez la souris, les différentes enzymes présentes dans les cellules où était fabriquée l’ostéocalcine et qui pourraient être susceptibles de couper le morceau en question. L’équipe du Dr Ferron est parvenue à identifier la grande responsable : la furine.

Mathieu Ferron croit que cette autre découverte pourrait mener à une thérapie d'ici quelques années.

La suite des choses?

L'équipe de Dr Ferron a de la suite dans les idées puisque leur prochaine recherche sur le sujet s'intéressera à la découverte d'une autre hormone qui serait responsable de notre appétit.

« On a découvert qu'en l'absence de furine dans l'os, nos modèles de souris mangent moins. Ça ne semble pas être causé par l'ostéocalcine. Ça laisse présager qu'une autre hormone produite par l'os qui affecterait la prise alimentaire. Donc ça nous ouvre un nouveau champ de recherche », conclut Dr Ferron.

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