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Une fillette née séropositive vit depuis 9 ans en bonne santé sans médicaments

Une jeune Sud-Africaine née séropositive vit depuis presque neuf ans en bonne santé et sans médicaments, après avoir été soumise à un traitement durant ses premiers mois d'existence.

Le cas de cette fillette, dont l’identité est protégée, a été présenté lors de la conférence internationale de recherche sur le sida qui se tient à Paris.

À partir de l'âge de deux mois, elle a reçu des traitements antirétroviraux, qui empêchent le développement du virus du sida. Après dix mois, le traitement a été délibérément interrompu dans le cadre de l'étude, la présence du virus étant à un niveau indétectable.

Huit ans et neuf mois plus tard, le VIH est toujours en sommeil chez cette petite fille, bien qu'elle ne suive pas de traitement.

Ce n’est pas une guérison, puisque le VIH est toujours présent dans son sang. Mais il est si affaibli qu'il ne peut ni se multiplier ni se transmettre à une autre personne, même en l'absence de traitement.

Normalement, les personnes infectées doivent suivre un traitement quotidien à vie pour parvenir à ces résultats.

Ces cas de rémission sans traitement à vie sont rares et encore inexpliqués. Il s'agit seulement du troisième cas jamais observé chez un enfant.

Selon le Dr Avy Violari, de l'Université de Witwatersrand à Johannesburg, en Afrique du Sud, le risque d’une rechute est toujours présent, comme dans toute rémission. Mais « le fait que cette rémission se soit étendue sur une si longue période laisse à penser qu'elle peut être durable », explique le Dr Violari.

À l’heure actuelle, éradiquer le virus du corps d'un patient est impossible. La médecine se bute à la capacité du virus à se dissimuler dans certaines cellules pour former des réservoirs viraux qui se réactivent lorsque le traitement est interrompu.

Apparus dans les années 1990, les antirétroviraux ont changé la vie des séropositifs. Mais ils présentent des effets indésirables (diarrhées, nausées...). De plus, le traitement à vie de millions de personnes coûte cher.

D'où l'intérêt de travailler sur les pistes de rémission sans traitement à vie, en administrant des médicaments à un stade précoce de l'infection et pendant une durée limitée.

D’autres cas

En 2015, une étude relatait le cas d'une Française née séropositive en 1996. Mise sous antirétroviraux à trois mois, elle avait arrêté le traitement vers six ans.

Elle a aujourd'hui 20 ans, ses derniers contrôles datent d'avril et le virus est toujours en sommeil 14 ans après l'arrêt du traitement. Le premier exemple de ce genre chez un enfant avait fait grand bruit en 2013. Une petite fille américaine, surnommée le « Mississippi baby », a reçu des traitements dans les 30 heures après sa naissance, et a été en rémission après avoir été traitée jusqu'à ses 18 mois. Le virus était toutefois réapparu dans son sang par la suite.

Il existe une autre catégorie de cas rarissimes (moins de 1 %) appelés « contrôleurs naturels ». Ces derniers peuvent empêcher le VIH de se développer sans jamais avoir pris de traitement, pour des raisons qui demeurent encore mystérieuses.

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