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Une nouvelle machine veut faire la lumière sur les commotions cérébrales

Et s'il existait un appareil qui pourrait vous indiquer, après un accident, la sévérité de votre commotion cérébrale et le temps de guérison nécessaire? C'est ce qu'espère inventer le professeur de radiologie à l'Université de Calgary, Jeff Dunn.

Un texte de Tiphanie Roquette

Visualiser une commotion cérébrale n’est pas chose facile, explique le scientifique. Seules les très importantes blessures avec épanchement de sang sont visibles par l’imagerie à résonnance magnétique (IRM).

Les médecins doivent se baser sur les symptômes ressentis par les patients pour diagnostiquer la gravité de la blessure et mesurer l’efficacité des traitements.

« Nous avons besoin d’une mesure qui est moins subjective. Ce qui est nécessaire, c’est un outil pour nous dire à quel point le cerveau est blessé, où se trouve la blessure, quel est le pronostic de ce type de commotion et comment le traitement agit sur le cerveau », explique le professeur.

Son appareil, composé d’un bonnet d’électrodes relié à un ordinateur, utilise la lumière pour mesurer le degré d’oxygénation dans le sang.

Plus il y a d’oxygène dans le sang du cerveau, plus le cerveau est actif. Au contraire, une faible oxygénation montre, selon lui, un cerveau blessé.

Le scientifique a déjà montré que sa machine fonctionnait en étudiant le cerveau de patients, jeunes et moins jeunes, qui ressentaient encore des symptômes de commotion cérébrale un an après leur blessure.

Jeff Dunn souhaite maintenant observer si l’appareil peut prédire la sévérité de la blessure en observant le cerveau dans les jours suivant la commotion. En partenariat avec l’Hôpital pour enfants de l’Alberta, son équipe va faire la lumière sur le cerveau d’environ 75 adolescentes qui viennent aux urgences pour une commotion cérébrale.

En les suivant pendant trois mois, il souhaite aussi étudier l’efficacité des traitements sur la guérison du cerveau. « Il n’y a pas de normes de traitement pour les commotions cérébrales parce qu’on traite les symptômes. Cependant, des blessures au cou imitent parfois les mêmes symptômes qu’une commotion cérébrale. Notre appareil pourrait aider à faire la différence », raconte M. Dunn.

Le professeur rêve grand, ou plutôt petit. Il espère que dans le futur, l’appareil pourra être miniaturisé à la taille d’une tablette pour devenir un indispensable de toutes les trousses de premiers soins des arénas, des stades et des stations de ski.

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