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Une nouvelle technique d'embaumement de l'UQTR pourrait révolutionner la neurochirurgie

Une nouvelle technique de préservation du corps de défunts ayant donné leur corps à la science pourrait révolutionner plusieurs champs de la médecine, particulièrement la neurochirurgie. Cette nouvelle méthode permettra aussi de mieux former les professionnels de la santé.

Un texte de Catherine Bouchard

Le Département d'anatomie de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) essaie depuis un an une nouvelle technique d'embaumement des corps. Elle utilise une solution saturée en sel pour remplacer le sang du défunt, une première en Amérique du Nord.

« On a essayé par curiosité! On avait déjà deux techniques qui sont très communément utilisées. [...] Mais les deux ont leurs défauts », élabore le directeur du Département d'anatomie, Gilles Bronchti.

Les résultats sont jusqu'ici étonnants. La préservation de la peau, des tissus, de plusieurs organes dont le cerveau est telle qu'il n'y a presque pas de différence avec le corps d'une personne vivante.

C'est une bonne nouvelle pour les 1400 professionnels de la santé qui viennent suivre une formation en continu au Département chaque année. Certains spécialistes qui n'avaient aucune façon de pratiquer réalistement autrement que sur des êtres humains vivants ou des maquettes bénéficieront particulièrement de cette nouvelle technique.

Gilles Bronchti a voulu tenter l'expérience, puisqu'il avait lu que le sel était utilisé notamment en Israël, en Iran et au Japon pour l'embaumement.

Le futur de la neurochirurgie?

Plus important encore, cette nouvelle technique pourrait révolutionner les façons de faire en neurochirurgie. La qualité de préservation du cerveau permet de pratiquer une opération complète, ce qui était autrement impossible.

« Quand on fait ça sur un corps classique préservé au formol, les tissus sont trop durs, on ne peut pas utiliser les techniques d'opération. On peut couper au couteau, mais ce n'est pas ce qu'ils font dans une vraie opération. Là, avec les corps au sel, ils peuvent le faire. L'endoscopie était magnifique. Toutes les techniques qu'ils ont essayées étaient extraordinairement vivantes, si j'ose dire », affirme Gilles Bronchti.

La méthode actuelle utilisée par les neurochirurgiens pour pratiquer une opération est de s'exercer sur des corps congelés. Ils ne peuvent alors opérer que pendant trois heures.

Il faudra voir si les corps utilisés à l'UQTR se préserveront longtemps. Un corps embaumé à l'aide de formol ou selon la technique Thiel se conserve au moins deux ans. L'équipe de chercheurs entend aussi peaufiner sa technique dans les prochaines semaines, puisqu'un neurochirurgien ayant opéré sur les cadavres a constaté que l'état de préservation des cerveaux était inégale.

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