Retour

Une ressource sous-exploitée : les résidus forestiers

L'exploitation forestière génère des quantités considérables de résidus qui pourrissent sur les chantiers, alors que cette matière représente une valeur économique indéniable, selon les experts qui explorent les débouchés possibles.

Un texte de Francine Plourde de l'émission Les années lumière

Pour réduire notre utilisation des combustibles fossiles, il faudra développer plusieurs sources d'énergie renouvelable. Au Québec et au Canada, nous pouvons compter sur l'hydroélectricité, mais nous avons aussi une ressource qui est encore trop peu exploitée : la biomasse forestière.

Cette « biomasse forestière » est le matériel biologique qui provient des arbres et autres plantes de la forêt. Depuis toujours, cette matière est utilisée pour sa chaleur, en brûlant le bois tout simplement. Mais nous sommes loin de l'exploiter à son plein potentiel.

De nombreux résidus de coupes ou d'usines sont inutilisés. Les branchages, ou les copeaux souvent laissés sur place peuvent être convertis en biocarburants ou encore en granules pour produire de l'énergie. Une énergie renouvelable contrairement aux énergies fossiles.

Évelyne Thiffault est ingénieure forestière et professeure au Département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval. Elle explique que des organismes internationaux comme le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estiment que la biomasse a un rôle très important à jouer pour limiter la hausse des changements climatiques à 2 degrés.

Pour écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

Une énergie verte, mais...

L'utilisation de la biomasse comme source d'énergie est souvent remise en question. La principale matière première du biodiesel, l'huile de palme, cause la destruction de forêts naturelles qui sont rasées pour planter des palmiers. Le maïs et le colza sont aussi utilisés pour faire du biocarburant, diminuant d'autant les surfaces de terre utilisées pour la production de nourriture.

Mais les résidus laissés sur place après les coupes forestières traditionnelles ou encore les copeaux qui s'amoncellent près des usines de bois d'oeuvre ou de papier ne posent pas ces problèmes. Au contraire, affirme Évelyne Thiffaut, ces résidus inutilisés se décomposent de toute façon.

La forêt pour d'autres ressources

L'énergie n'est pas la seule ressource que l'on peut tirer de nos forêts. Selon le chimiste Bernard Riedl, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval, la forêt est une mine de ressources que l'on gagnerait à exploiter. Selon lui, le bois peut fournir de la cellulose et des molécules chimiques qui servent à fabriquer des plastiques. Certaines essences fournissent aussi des substances qui soignent le cancer comme le taxol ou la bétuline. La recherche se poursuit d'ailleurs pour trouver d'autres molécules utiles.

Une ressource renouvelable

En outre, la forêt est une ressource renouvelable. Le carbone produit par le bois en brûlant est réabsorbé par les autres arbres qui grandissent.

Pour écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Que faudra-t-il pour développer cette biomasse forestière? Des capitaux, des incitatifs, et de l'audace, répondent le chimiste Bernard Riedl de l'Université Laval et le microbiologiste Simon Barnabé, titulaire de la Chaire de recherche industrielle bioéconomique/bioénergie région de l'Université du Québec à Trois Rivières.

Plus d'articles

Commentaires