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Une septième espèce de grand singe identifiée

Une population d'orangs-outans vivant à Sumatra est bel et bien distincte des deux autres espèces connues de ce grand singe, montrent les travaux de chercheurs européens.

Un texte d'Alain Labelle

Ce nouvel orang-outan, baptisé Tapanuli (Pongo tapanuliensis) rejoint ainsi les six autres espèces actuelles de grands singes :

  • Les orangs-outans de Sumatra et de Bornéo
  • Les gorilles de l'Ouest et de l’Est
  • Les chimpanzés
  • Les bonobos

C’est la première espèce de grand singe décrite depuis près de 100 ans, et elle est déjà inscrite à la liste des plus menacées de la planète.

Une population particulière

En 1997, des zoologistes ont découvert une population d’orangs-outans de 800 individus isolée dans les forêts de la région de Batang Toru, dans le nord de Sumatra. Depuis cette découverte, des scientifiques associés au programme de conservation de l’orang-outan de Sumatra s’interrogeaient sur les particularités de cette petite population.

En outre, l’analyse du squelette d'un mâle adulte tué en 2013 laissait à penser que son crâne et ses dents présentaient certains traits uniques comparativement aux autres orangs-outans.

Différence génétique

Pour établir la distinction de cette espèce, des généticiens suisses de l’Université de Zurich ont reconstitué son histoire évolutive à partir du génome de 37 orangs-outans. Le décryptage des génomes a montré que la séparation entre les populations d’orangs-outans de Batang Toru et celles de Bornéo est intervenue il y a plus de 3 millions d’années.

Puis, celle entre les orangs-outans de Bornéo et de Sumatra s’est déroulée beaucoup plus récemment, il y a moins de 700 000 ans.

Des comportements différents

Les chercheurs ont également étudié les différences de comportements entre les espèces. Ils ont déterminé qu’il existe une subtile différence dans le cri des mâles de la nouvelle espèce lorsqu’ils annoncent leur présence.

Des différences anatomiques

La dernière pièce du puzzle qui a permis d’établir la distinction entre cette population et les autres se trouve dans son crâne. Il existe selon les chercheurs des différences très subtiles, mais constantes dans la forme du crâne des trois espèces d’orangs-outans.

Des animaux très menacés

L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) estime que l’orang-outan, peu importe l’espèce, pourrait totalement disparaître d'ici une dizaine d'années si aucune mesure n’est prise rapidement pour protéger son habitat forestier.

Le détail des présents travaux est publié dans le journal Current Biology (en anglais).

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