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Vers un outil pour cibler les hypertendus à risque de démence

Une technique d'imagerie par résonance magnétique permet de détecter les tout premiers signes des dommages neurologiques associés à une future manifestation de démence chez les hypertendus, affirment des cardiologues italiens.

Un texte d'Alain LabelleLa médecine sait depuis plusieurs années déjà que les personnes qui présentent une pression artérielle élevée risquent davantage de développer une démence au cours de leur vie.

En outre, la grande majorité des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et des démences associées ne sont pas dues à une prédisposition génétique, mais plutôt à une exposition chronique à des facteurs de risque de nature vasculaire.

Le Dr Giuseppe Lembo et ses collègues de l’Université La Sapienza de Rome expliquent qu’une tractographie, une technique d’imagerie utilisée pour mettre en évidence les voies neuronales dans le cerveau, permet de détecter des altérations de la substance blanche. Ces dommages précèdent l’apparition des premiers symptômes de démence.

Un traitement qui arrive souvent trop tard

Actuellement, le traitement et le suivi des personnes atteintes de démence ne commencent qu'après l’apparition de symptômes évidents, même si on sait que, lorsque des signes de lésions cérébrales se manifestent, il est peut-être trop tard pour inverser le processus neurodégénératif.

Les médecins n'ont toujours pas d’outils d'évaluation des marqueurs de progression qui révéleraient des altérations présymptomatiques et permettraient de déterminer les personnes qui sont à risque de développer une démence.

« Le problème, c'est que les altérations neurologiques liées à l'hypertension ne sont généralement diagnostiquées que lorsque le déficit cognitif devient évident ou lorsque les examens traditionnels de résonance magnétique montrent des signes clairs de lésions cérébrales », explique le Dr Giuseppe Lembo.

Un outil simple

« Nous avons pu constater que, chez les sujets hypertendus, il y avait une détérioration des fibres de la substance blanche reliant les zones du cerveau généralement concernées dans l'attention, les émotions et la mémoire », explique le Dr Lorenzo Carnevale.

Les participants à l’étude ne présentaient au départ aucun signe clinique de démence et, en neuro-imagerie conventionnelle, ils ne présentaient aucun signe de lésions au cerveau.

Comme ces changements ont été décelés avant que les participants ne présentent des symptômes, les chercheurs estiment qu’il pourrait être possible de cibler les patients à risque et de les traiter avec des médicaments pour tenter de prévenir la détérioration de leurs fonctions cérébrales.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Cardiovascular Research.