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Visiter l'astéroïde Bennu et en rapporter un souvenir

Jeudi aura lieu le lancement de la sonde Osiris-Rex à la mission audacieuse : aller à la rencontre d'un astéroïde, en récolter des échantillons et les rapporter sur Terre. Une expédition de 7 ans à laquelle participent des chercheurs canadiens. Explications.

Un texte de Richard Massicotte des Années lumière

L'astéroïde en question s'appelle Bennu. D'une taille de 500 mètres - environ la taille de l'Empire State Building à New York - il tourne autour du Soleil et passe près de notre planète. Bennu fait partie des astéroïdes appelés géocroiseurs, c'est-à-dire qui évoluent près de la Terre. Comme d'autres, il fait partie de la ceinture d'astéroïdes, située entre Mars et Jupiter.

Bennu, du nom d'une divinité égyptienne, a l'avantage d'être situé à une distance raisonnable de la Terre, ce qui permet de s'y rendre en relativement peu de temps. Dans ce cas, Osiris-Rex mettra un peu moins de deux ans à se rendre à l'astéroïde.

Un exploit technique et scientifique

Après son voyage vers l'astéroïde et quand il se sera placé en orbite autour de celui-ci, Osiris-Rex l'approchera en douceur pour en cueillir quelques échantillons à l'aide d'un appareil muni d'un bras spécial : le TAGSAM, une sorte d'aspirateur de l'espace. Une fois l'échantillon récolté, soit au moins 60 grammes, le tout sera placé dans une petite capsule.

Le satellite reviendra ensuite vers la Terre pour larguer cette capsule, qui sera recueillie dans le désert de l'Utah, en septembre 2023.

L'approche doit se faire en douceur, car puisque la gravité d'un si petit objet est quasi inexistante, tout contact quelque peu violent ne ferait que repousser la sonde de son objectif. De plus, comme on ne connaît pas encore les propriétés physiques de l'astéroïde, la prudence est de mise.

On veut notamment éviter le quasi-échec survenu sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, alors que Philae, le robot envoyé par la sonde Rosetta, avait rebondi au lieu de s'ancrer dans le sol de la comète.

L'astrophysicien Patrick Michel de l'Observatoire de la Côte d'Azur à Nice, en France, et membre de l'équipe scientifique d'Osiris-Rex attribue une grande valeur scientifique à cette mission. 

Cette mission pourrait même, ajoute M. Michel, ouvrir la voie à la possibilité de dévier un astéroïde menaçant la Terre.Bennu lui-même représenterait une certaine menace pour la Terre, mais imprécise et prévue dans quelques centaines d'années.

La collecte d'échantillons sur Bennu se fera de façon très particulière : la sonde s'approchera de l'astéroïde et fera ses prélèvements pendant à peine cinq secondes.

Des scientifiques canadiens de la partie

L'Agence spatiale canadienne (ASC) fait aussi partie de ce projet puisqu'elle fournit un appareil OLA : un altimètre laser muni de deux composantes.

Cet outil permettra de cartographier l'astéroïde avant de choisir le site où se fera le prélèvement d'échantillon. Le gestionnaire du portfolio des projets d'exploration à l'ASC, Stéphane Desjardins, est très fier du rôle de cet appareil et de celui des scientifiques canadiens en marge de cette mission.

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