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Quand l’absence de stress est une anomalie

Quiconque a déjà été stressé s’en doute un peu : le stress altère le bon fonctionnement de notre matière grise. Ne serait-il pas utile de trouver une façon de s’en débarrasser?

Pour les neurologues des 20 dernières années, la question est devenue : comment empêcher l’impact négatif du stress sur nos fonctions cognitives? Ils ont pour cela des « cobayes » tout trouvés : des personnes ayant montré une forte résilience face à des événements traumatisants.

S’il s’agit là d’un courant de recherche qui remonte aux lendemains de la Seconde guerre mondiale — avec les soldats et les survivants des camps de concentration — l’exploration du cerveau et la génétique sont en train de fournir de nouvelles pistes. Par exemple, serait-il possible que la résilience, au lieu d’être la manifestation d’une action de défense de notre organisme, soit le contraire : le résultat d’une absence d’action?

Dans un récent reportage de la revue Nature, le neurobiologiste Eric Nestler, de l’École de médecine Mont-Sinaï à New York, émet l’hypothèse que les gens qu’il étudie (et les souris) vivent moins de stress parce que leur cerveau n’a justement pas cette réaction de défense que la majorité d’entre nous avons. Cette réaction est par ailleurs tout à fait naturelle : le stress est souvent ce qui permet à un animal de survivre. Devant une menace, hormones et neurotransmetteurs s’allient pour obtenir une réaction le plus vite possible.

Mais fuir un prédateur et réagir aux 1001 tracas de la vie quotidienne ne sont pas la même chose : si ces neurologues ont raison, le stress serait donc un héritage de notre passé animal dont nous n’aurions plus autant besoin aujourd’hui. Les personnes les mieux adaptées à la vie moderne seraient donc ces personnes « résilientes » qui intriguent autant les chercheurs.

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