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Le bruit des hôpitaux nuit au développement des bébés prématurés

Bébé prématuré avec sa mèere qui le regarde à travers l'incubateur

Saviez-vous que le bruit dans les hôpitaux nuirait au développement des bébés prématurés?

Des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE), en collaboration avec l’équipe du service de néonatologie CHU et du CNRS de Grenoble, ont en effet constaté les effets néfastes que pouvait entraîner le bruit sur les capacités sensorielles d’un bébé prématuré. Cette étude publiée dans Scientific Reports, indique que le bruit perturberait le développement des compétences tactiles des bébés prématurés (nés entre 28 et 33 semaines ou environ 2 mois avant le terme).

Il faut savoir que le nourrisson, qui était jusqu’à sa naissance bien tranquille dans le ventre de sa mère, vit déjà un choc à la naissance, en étant soudainement exposé à un environnement lumineux et souvent bruyant. Ce choc serait d’autant plus grand pour le bébé prématuré hospitalisé dans les services de néonatalité, puisqu'il est exposé à un niveau de bruit supérieur, et ce, plusieurs fois par jour, qu'il s'agisse du bruit de la pompe de nutrition, du cardioscope, du respirateur, ou encore des alarmes.

Bébé prématuré en incubateur

Crédit photo: Thinkstock - Pixelistanbul

« Beaucoup de services de néonatalogie ont des niveaux sonores bien supérieurs aux normes recommandées par l’Académie Américaine de Pédiatrie, soit 45 décibels », indique Édouard Gentaz, un des auteurs de l’étude, dans un communiqué. Concrètement, ce bruit perturberait notamment le sommeil du nourrisson, sa fréquence cardiaque et ses capacités d'autorégulation qui lui permettent de se calmer en cas de stress.

Un impact sur l'apprentissage sensoriel

« L’intégration multisensorielle est fondamentale pour tout individu, et celle d’un prématuré reste encore aujourd’hui mal connue » ajoute Gentaz. « Nous savions déjà qu’un nouveau-né prématuré est capable de mémoriser les formes de petits objets (prisme ou cylindre) et de les différencier dès 28 semaines. Dès lors, nous avons voulu évaluer l’effet d’un bruit quotidien sur les capacités tactiles précoces des nouveau-nés, et nous avons constaté que cela avait un réel impact sur l’apprentissage sensoriel de l’enfant » explique Fleur Lejeune, auteur principale de l’étude. En effet, selon les résultats de cette étude, les bébés soumis aux alarmes des pompes d’alimentation mettraient plus de temps pour s’habituer aux objets et pour faire la différence entre les formes que les autres.

« Si le bruit perturbe les capacités tactiles des prématurés, on peut se demander quel sera l’impact à long terme d’une telle stimulation auditive sur leur développement neurologique », conclut Lejeune. Pour ces chercheurs, il est primordial de faire en sorte que les équipements des services de néonatalogie soient moins bruyants, ou se tiennent loin des nourrissons.

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