Il y a 13 ans, des scientifiques découvraient sur l’île de Florès, en Indonésie, les restes d’humains qu’ils allaient baptiser « Hobbits » en raison de leur petite taille. Cette hypothétique espèce cousine avait vécu là-bas il y a 60 à 100 000 ans. Tout le monde s’attendait à ce que l'on trouve un jour d’autres ossements plus anciens... mais personne ne s’attendait à ce qu’ils soient eux aussi ceux d’un « Hobbit ».

Au-delà de l’âge — 700 000 ans — des nouveaux restes dévoilés mercredi dans deux articles parus dans Nature, c’est en effet qu’il s’agisse d’un autre humain de petite taille (vraisemblablement 1 mètre) qui surprend. Car l’âge ne bouleverse pas les chasseurs d’ossements : on sait depuis longtemps que des Homo erectus sont arrivés en Asie il y a plus d’un million d’années, et l’une des théories dominantes veut que ces « Hobbits » (Homo floriensis de leur vrai nom) aient été de lointains descendants d’une poignée d’erectus qui, après avoir été naufragés sur l’île de Florès, auraient évolué vers une forme de nanisme. Une évolution par ailleurs observée chez quelques animaux : les biologistes appellent cela du nanisme insulaire.

Or, si ces pré-humains ou Hobbits étaient déjà des nains il y a 700 000 ans, qui étaient-ils et quand étaient-ils arrivés sur cette île de l’archipel indonésien ? Qui plus est, les chercheurs dirigés par Gerrit van den Bergh, de l’Universté de Wollongong, en Australie, prennent bien soin de souligner qu’on ne peut pas être sûr que ces six dents, cette mâchoire et ces 149 outils de pierre, appartiennent à la même branche que les Homo floriensis d’il y a 13 ans. Tout tend dans cette direction — c’est la même île, seuls 74 km séparent les deux sites — mais les indices sont encore trop partiels.

La mâchoire révèle un adulte — il avait ses dents de sagesse — qui semble plus petit encore que ceux de 2003. Ce nouveau site, Mata Menge, avait précédemment révélé des outils de pierre datés de 800 000 ans.

Mais le problème avec l’hypothèse d’une descendance rachitique de l’Homo erectus est que certains des traits anatomiques ne collent pas. Les restes de 2003 montrent des bras plus longs et des jambes plus courtes qu’un Homo erectus. Au point qu'il est possible que ces floriensis soient les descendants d’un sous-groupe d’erectus d’Asie que les paléontologues n’auraient pas encore découvert.

L’idéal serait donc de trouver d’autres ossements. En particulier des crânes. La géologie pourrait venir au secours : ces restes de 700 000 ans proviennent d’une couche géologique qui a été submergée par une traînée de boue résultant d’une éruption volcanique. Le genre de désastre qu’aiment beaucoup les chasseurs d’ossements : il est généralement la promesse d’autres découvertes. Mais il leur a tout de même fallu 10 ans de fouilles pour aboutir à celle-ci.

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