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Pourquoi s'embrasse-t-on?

Homme et femme échangeant un baiser

Pourquoi s’embrasse-t-on? Si vous vous êtes déjà posé la question, les scientifiques aussi! Ils ont même développé une discipline, la philématologie, pour étudier le ''baiser'' dans le moindre détail.

Ce dont on est certain - ou ce que la plupart de ces spécialistes s'accordent pour dire - est que le baiser, est un phénomène en partie naturel et en partie culturel. «Les humains semblent avoir une envie instinctive de se lier de cette manière, mais le style et la forme dépendent de la culture et de l’expérience. À la naissance, les premières expériences du bébé en matière d’amour, de réconfort et de sécurité comportent une forme ou une autre de baiser. Aussi, du point de vue de la neuroscience, nous sommes programmés dès le plus jeune âge pour associer ces émotions positives avec le contact labial», explique à ce propos l'auteur du livre ''The Science of Kissing: What Our Lips Are Telling'', Sheril Kirshenbaum, au Courrier International.


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Un baiser sait joindre l’utile à l’agréable

Un baiser ne fait que relâcher une bonne dose d'endorphines (d'où le plaisir), il remplirait aussi plusieurs fonctions. Par exemple, il permettrait d’évaluer, sur une base hormonale, le potentiel d'un partenaire. En fait, l'échange d'un baiser (et de salive) permettrait notamment aux femmes de mieux discerner le potentiel de géniteur. Les femmes seraient en effet plus attirées envers un homme au patrimoine génétique différent du leur - qui constitue un avantage biologique pour faire des enfants en bonne santé. Embrasser transmettrait également une quantité de testostérone aux femmes, ce qui participerait à augmenter leur libido! 

Le baiser pourrait aussi entraîner un sentiment d’attachement, une fonction importante, notamment au plan de l'évolution, puisqu'elle pouvait aider à renforcer les liens, toujours utile pour la fondation d'une famille...

Couple s'embrassant

Crédit photo: Fuse - Thinkstock

S’embrasser, une pratique universelle?

D’après les philématologues, l’ancêtre du baiser entre 2 partenaires remonterait à 1500 av.J.-C en Inde et aurait plutôt consister à ''renifler'' la bouche de l'autre! Le baiser tel qu’on le connaît aujourd’hui est quant à lui relativement récent, du moins dans plusieurs parties du monde.

«Les explorateurs du 19ème siècle ont découvert plusieurs civilisations qui ignoraient tout du baiser depuis toujours et qui avaient en revanche leurs pratiques amoureuses particulières. Dans son livre de 1864, Savage Africa (L’Afrique sauvage), l’explorateur britannique William Winwood Reade rapporte qu’une princesse africaine dont il était tombé amoureux crût qu’il essayait de la dévorer quand il s’approcha d’elle pour l’embrasser», indique un article du Independent repris par le Courrier International.

Néanmoins, plusieurs soutiennent que le baiser ou le contact des lèvres serait un symbole d'affection remontant à nos ancêtres les primates. Selon cette théorie, le fait de chercher le contact des lèvres serait potentiellement dû au fait que les mères nourrissaient les petits en prémastiquant la nourriture et en la passant de leur bouche à celle de leur petit. 

Maman et bébé orangs-outans

Source photo: livescience.com

Le baiser, pas si universel que ça

S'embrasser est-elle une pratique répandue aux 4 coins du monde? Une étude américaine parue plus tôt en 2015 dans l'American Anthropologist, visait justement à savoir si le baiser est bel et bien une coutume universelle. D’après ceux-ci, et contrairement à ce que d'autres chercheurs suggéraient avant eux, ce ne serait pas le cas.

Ce genre de baiser - à connotation romantique ou sexuel, et non les bisous que l’on fait à ses propres enfants - serait présent dans une minorité de cultures (46%). Sur 168 cultures étudiées, les chercheurs auraient en effet identifié un "contact intentionnel des lèvres" dans seulement 77 d’entre elles. Qui plus est, d’après leurs résultats, plus la société serait complexe, plus le phénomène serait présent, une information qui n'est malheureusement pas davantage détaillée. Chose certaine, la communauté scientifique n’a pas fini de nous en apprendre sur ce sujet encore ''chaud''.

 

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