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Êtes-vous écoresponsable, même en voyage?

Êtes-vous écoresponsable, même en voyage?

On se tourne de plus en plus vers un mode de vie écoresponsable. Cependant, est-ce possible de le conserver même en voyage?

Au quotidien, on essaie de diminuer notre consommation de toutes sortes, avec comme objectif de produire moins de déchets. On refuse la paille en plastique dans notre verre, on réutilise tout ce qui peut l’être et l’on achète en vrac autant que possible. Bref, la liste des comportements que l’on modifie s’allonge chaque jour et c’est tant mieux! Mais, est-il possible d’en faire autant lorsqu’on se retrouve loin de notre pays?

Voyager en avion

Plus on voyage, plus on est sensible au sort de notre planète. Cependant, pour découvrir les merveilles de ce monde, on contribue à l’accentuation de la pollution. Je me trouve pris dans cette réalité déchirante. Je voudrais bien voyager à pied, à vélo ou en voilier, mais ce type de voyage demande du temps, temps qui est trop souvent restreint.

Le simple fait de prendre l’avion nous éloigne de nos bonnes intentions. Acheter 6 billets d’avion me procure un certain malaise. (Eh, oui! Je voyage avec un amoureux et 4 enfants!) Ai-je le droit, moi, nord-américaine, d’embarquer dans un avion pour assouvir ma soif de découverte? Est-ce que les merveilles de notre planète existeront encore pour les prochaines générations si je m’offre le luxe de m’y rendre en avion?

Pourtant, une fois assise, l’excitation me gagne comme une enfant. Je suis toujours impressionnée de me voir décoller du sol, à bord d’un si gros engin, en si peu de temps. Après tout, peut-être que mon empreinte écologique n’est pas si énorme si je prends l’avion qu’une fois tous les 7 ans? J’essaie de me déculpabiliser alors que je vois arriver les gentilles hôtesses de l’air qui nous offrent eau, jus et liqueurs servis dans des verres de plastique. Tant de verres qui se retrouveront dans les déchets. Sans parler de tous les minuscules paquets de bretzel et d’arachides consommés durant nos quelques heures dans les airs. Et il s’agit là que d’une infime partie visible de la pollution produite par nous, les voyageurs.

Boire ou ne pas boire l’eau?

On arrive ailleurs et on est heureux de subir un dépaysement. Néanmoins, on vient à peine de fouler le sol d’un autre pays que nos besoins de base nous submergent. L’eau en fait partie. On réalise la chance que l’on a, ici au Québec, d’ouvrir le robinet et de pouvoir y remplir nos bouteilles réutilisables.

Bien sûr, il existe différents procédés pour pouvoir consommer l’eau même lorsqu’elle n’est pas potable. Sur le marché, il existe des pastilles qui détruisent les bactéries, des gourdes avec des filtres intégrés et des purificateurs d’eau.

Pour notre part, à notre arrivée au Guatemala, on séjourne dans une maison munie d’un Ecofiltro. Comme le nom le dit, cette invention guatémaltèque permet de filtrer l’eau d’une manière écologique. Mais, puis-je y faire confiance? Si je me rends dans un autre pays, ne suis-je pas dans l’obligation de m’ouvrir sur leur découverte qui permet de minimiser mon impact sur leur environnement? Je crois que oui! Évidemment, avant de partir, j’ai fait quelques recherches pour savoir si c’est fiable. Malgré tout, une fois sur place, j’hésite encore… Cependant, quel exemple vais-je donner à mes filles si on préfère tourner le dos au Ecofiltro pour courir acheter des bouteilles d’eau en plastique? On doit prendre le risque. Heureusement, aucun malaise ni mot de ventre ne surgit. Mission accomplie! On réussit à passer ces premières journées sans devoir acheter une seule bouteille d'eau!

Êtes-vous écoresponsable, même en voyage? Ecofiltro

Cynthia Brunet

Toutefois, la suite du voyage se corse. Pour aller visiter le site isolé de Chemuc Champey, on doit passer quelques nuits à l’hôtel. Et voilà! Je dois piler sur mes beaux principes. Car dans ce petit paradis, où il n'y a pas toujours de l'électricité, ni d'eau dans les chambres, pour avoir une boisson froide, on doit impérativement l’acheter à l’hôtel. De plus, les bouteilles d’eau offertes ne contiennent que 350 ml. Par chance, on finit par en trouver des plus grosses, mais le mal est déjà fait.

L’eau demeure un défi en voyage, surtout l’eau froide! On ne peut pas s’en passer et elle est parfois difficile à trouver autrement qu'embouteillée. On peut utiliser des purificateurs d’eau, mais sans réfrigérateur, on est obligé de la consommer à la température ambiante... donc chaude!

Découvrir les attractions touristiques

À notre arrivée dans un nouveau pays, on a une longue liste de choses à faire et à voir. Les guides et les blogues nous dictent où l’on doit aller, ce qu’il ne faut surtout pas manquer. Évidemment, on s’assure de ne pas encourager une industrie touristique qui va à l’encontre du bien-être de notre planète ou du sort des animaux.

Idéalement, on se concentre sur une seule région pour minimiser nos déplacements. Encore une fois, la réalité nous rattrape. Car lorsqu’on a pris l’avion et surtout qu’on a payé pour ces billets d’avion, on a envie de voir tout ce que le pays a à nous offrir! Pour notre part, puisqu’on a 3 semaines devant nous. On privilégie 3 régions, une semaine par région, et on se déplace en transport en commun d’un endroit à l’autre. Mais, on est bien conscients qu’on passe à côté de plusieurs sites qui méritent tout autant qu'on s'y arrête.

Pourtant, on le sait, le fait de rester plus longtemps à un même endroit nous permet de rencontrer les gens qui y habitent et c’est souvent là que le voyage commence vraiment. Car les lieux touristiques sont remplis de… touristes! Il faut tenter de trouver l’équilibre, résonner notre soif de découverte et prendre le temps!

Se loger

Se loger correspond à un autre défi lorsque l’on souhaite être un voyageur écoresponsable. Le logement que l’on choisit a-t-il un impact positif ou négatif sur l’environnement? Pour découvrir une nouvelle culture, est-on prêt à vivre comme un autre peuple, à mettre de côté notre confort habituel?

Avant d’avoir des enfants, c’était facile de dormir dans des lieux plus rudimentaires. Maintenant, c’est différent. Pourtant, je trouve anormal de partir avec mes enfants découvrir un autre pays, mais leur offrir un logement qui ne ressemble en rien à ceux que le peuple visité possède.

On tente donc à tout le moins de ne pas encourager les chaines internationales, pour privilégier des hébergements offerts par les gens du pays. Diverses options sont possibles comme dormir chez l’habitant, louer de petits hôtels tenus par des locaux, ou encore être hébergés dans des endroits où l’on peut offrir notre aide soit dans la communauté ou dans des projets de sauvegarde de la faune ou de la flore. Bref, il faut tenter de sortir des sentiers battus et se tourner vers un hébergement offert par les gens de la place ou utiliser des plateformes telles que WOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms) qui permettent de travailler sur des fermes en échange d’un logement.

Voyager de façon écoresponsable, est-ce possible?

Voyager de façon écoresponsable n’est pas toujours facile, même avec la meilleure volonté du monde. Toutefois, d’en prendre conscience s’avère déjà, j’ose espérer, un pas dans la bonne direction. J’ai la certitude qu’à découvrir notre planète, on s’éveille à la nécessité d’en prendre soin. On constate aussi qu’il y a de nombreuses façons de vivre et que, peut-être, nous devrions vivre plus simplement pour diminuer les déchets que l’on produit. Enfin, on réalise qu’on peut aussi découvrir la région voisine à la nôtre. Elle possède souvent autant de merveilles que celles situées à l’autre bout de la planète et nous permet de diminuer notre empreinte de voyageur.

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