Retour

Journée pour les espèces menacées: un cri de détresse de l'océan

Journée des espèces menacées : un cri de détresse de l'océan

Avec les grands bouleversements sur notre planète, il est primordial de penser à tout ce qui risque de disparaitre, y compris nous, si l’on ne change pas nos comportements. Le 11 mai a lieu la journée consacrée aux espèces menacées et cela m’a rappelé une vidéo regardée il y a quelques semaines : un cri de détresse qui nous vient de l’océan.

Lorsqu’on parle d’espèces menacées, on a souvent en tête, les mammifères qui vivent sur la terre ferme, tout comme nous. Comme si on les comprenait mieux et que ceux-ci étaient vraiment importants. Je pense entre autres aux ours polaires, aux tigres, aux orangs-outangs, aux éléphants. Ils le sont, en effet, mais il y en a aussi plusieurs autres, comme le rappelle le dernier bilan de l’ONU. Ce sont plus d’un million d’espèces animales et végétales qui sont menacées d’extinction. Il ne faut donc pas oublier les oiseaux, les amphibiens, les insectes et aussi les végétaux. Peu importe leur grosseur et leur beauté, toutes les espèces vivantes ont une place importante, voire essentielle, dans notre écosystème.

Et sous l’eau, il y a tout un monde merveilleux que l’on oublie trop souvent, comme s’il était inexistant. Pourtant, lorsqu’on prend la peine de mettre un masque et un tuba et que l’on plonge la tête sous l’eau, on découvre un univers bien rempli, magnifique, presque magique. Une fois que l’on a passé plusieurs journées à observer cet autre monde, on ne peut toutefois plus jamais l’oublier. Il est difficile de rester insensible à sa beauté.

Un univers sous-marin à se préoccuper

Voilà pourquoi, cette vidéo m’a particulièrement touchée. Évidemment, on sait que plusieurs organismes qui défendent les espèces tant terrestres que sous-marines utilisent souvent la carte du sensationnalisme. Il faut utiliser son jugement critique, en prendre et en laisser… mais je crois aussi que certaines images sont nécessaires pour provoquer une prise de conscience. Car de plus en plus, l’image sanglante, que l’on croit un cas isolé devient la norme. Bien sûr, ce n’est pas près de nous, dans notre patelin, mais elle correspond peut-être à notre poisson acheté qui nous provient de l’autre bout de la planète. Ce poisson qui un jour vivait dans un océan, comment a-t-il été pêché? Y avait-il des prises accessoires en sa compagnie comme des dauphins ou des requins?

Des requins menacés d’extinction

Les requins même si on n’a pas nécessairement envie de se retrouver nez à nez avec eux sous l’eau sont d’une grande importance dans nos océans. Ils se situent au sommet de la chaine alimentaire et influencent les déplacements de nombreux poissons et autres mammifères marins.

Malheureusement, plusieurs espèces sont menacées. Les requins ne se reproduisent pas suffisamment vite pour pallier la surpêche et les captures accidentelles. Ils sont pêchés pour leur chair, mais aussi pour leur aileron fort populaire en Chine. Un récent bilan place maintenant les requins-taupes bleus et les petits requins-taupes sur la liste rouge des espèces menacées. Et, ils ne sont pas les seuls. 17 espèces de raies et de requins dernièrement répertoriées se trouvent désormais considérées comme à risque d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Auparavant certains requins se prenaient dans les filets destinés à capturer des thons et étaient des prises accidentelles. Dorénavant, il semble que dans l'océan Indien, les filets soient lancés pour attraper des requins et ce sont les thons qui sont des prises accessoires.

Les dauphins aussi menacés

Selon la WWF, plusieurs espèces de dauphins vivent pour leur part leur dernière décennie. Grands nombres d’entre eux disparaitront totalement d’ici 10 ans. Ils sont eux aussi victimes de la pêche industrielle puisqu’ils se prennent dans les filets et deviennent des prises accessoires. Entre janvier et avril 2019, il y a eu plus de 1100 échouages recensés de petits cétacés sur la côte atlantique française. 85 % des carcasses examinées démontraient des traces de captures accidentelles. En plus, il semble qu’il ne s’agirait que de 20 à 25% des décès puisque la majorité des dauphins morts couleraient en mer

La pêche industrielle est une problématique majeure, mais la pollution et le trafic maritime les atteint également. Les dauphins morts échoués ne sont pas seulement une problématique des autres continents. De nombreux dauphins sont retrouvés morts chaque année du côté de l’Amérique, entre autres en Floride.

Le nombre de gros mammifères marins en diminution constante

Évidemment, lorsqu’on pense à nos océans, on pense aux gros mammifères marins comme les majestueuses baleines qui sont aussi en danger, mais on doit se préoccuper de toutes les espèces marines. Nul besoin d’être un plongeur de grande expérience pour remarquer qu’il y a de moins en moins de poissons et surtout de moins en moins de gros poissons. Ils sont en déclin et peinent à se reproduire. Au-delà d’une espèce précise, on doit réfléchir au sort de notre planète et de nos océans. Ils sont à la base de notre existence.

Que faire?

On peut bien sûr demeurer insensible, se rendre à l’épicerie et oublier que tout ce qu’on achète provient de notre belle planète. On peut toujours se dire qu’on n’est pas la cause, qu’on est un peuple soucieux de l’environnement, qu’on fait une bonne gestion de nos déchets… Mais, on peut aussi prendre conscience que notre surconsommation a un véritable impact, que nos déchets, même s’ils disparaissent miraculeusement toutes les semaines, se rendent quelque part… assurément.

Ou au contraire, réaliser le pouvoir que l’on a et poser des questions. Évidemment, on doit se nourrir, vivre, s’habiller chaudement en hiver, se déplacer, etc. Mais, on peut effectuer des petits changements qui influenceront le sort de notre planète.

On peut aussi poser des questions au comptoir de la poissonnerie, lire les étiquettes sur les produits que l’on achète. Manger moins, manger mieux. Gaspiller moins, prendre conscience de ce que l’on a dans notre assiette. Reprendre contact avec la nature et la respecter. Je vous l’assure, lorsque tu prends le temps de chercher une langouste, que tu en trouves enfin, que tu réussis à la harponner et à la sortir de son trou, tu dégustes toute la chair, sans gaspiller. Il en va de même avec un poisson que tu réussis à attraper après de longues heures de patience.  

On n’a pas tous besoin de se mettre à la chasse ou à la pêche. Toutefois, on devrait avoir le même respect pour la nourriture qui se trouve dans notre assiette, même s’il a été si facile de prendre notre voiture, entrer à l’épicerie, choisir le morceau dans le comptoir, le payer et rentrer à la maison. Effectivement, il y a bien peu de poissons qui se sauvent du comptoir de la poissonnerie, mais il ne faut pas oublier notre grand pouvoir à travers nos achats.

Heureusement, des changements s’opèrent. Certaines chaines alimentaires proposent maintenant la traçabilité des poissons et des fruits de mer. On peut savoir d’où provient le produit que l’on achète et s’assurer qu’il est lié à une pêche responsable. On ne peut peut-être pas changer le sort de toutes les espèces menacées, mais on peut à tout le moins tenter d’être un meilleur consommateur et d’avoir le plus grand respect possible envers la vie qui nous entoure.

Réduisez votre empreinte écologique! Découvrez notre site collectifzerodechet.ca