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Portrait inspirant : la nature pour créer les citoyens du futur

Portrait inspirant : Valérie Toupin-Dubé

Végétarien, flexitarien, végan… on ne sait plus trop comment se définir pour améliorer le sort de notre planète. Mais si le secret était plutôt d’être et de créer de jeunes citoyens responsables? C’est ce que Valérie Toupin-Dubé fait avec l'École-O-Champ. Cette agronome de 30 ans, à travers des camps de jour et des activités offertes dans les écoles et les foires agricoles, tente de transmettre aux jeunes ses connaissances, mais surtout sa passion pour l’agriculture et l’alimentation durables.

La passion de la terre

L’agriculture peut sembler banale pour plusieurs, voire ennuyante. Pourtant, lorsqu’on s’y attarde, on y découvre tout un univers fascinant… mais surtout essentiel à notre survie. Sans l’agriculture, nous ne serions plus là! Cela mérite qu’on s’y intéresse, non?

Pour Valérie Toupin-Dubé, la question ne se pose même pas. Elle est une véritable passionnée de tout ce qui nous ramène à la terre. Cette passion a peut-être toujours coulé dans ses veines, son arrière-grand-père était également agronome, mais c’est lors de ses études à Vancouver, alors qu’elle a découvert Edible Schoolyard (cour d’école nourricière) qui crée des projets pédagogiques basés sur des potagers scolaires, qu’elle a eu la flamme pour ce qui deviendrait plus tard l’École-O-Champ. À son retour au Québec, elle s’est inscrite au baccalauréat en agronomie à l’Université de McGill. Ses différents projets d’études, en particulier le volet éducatif auprès des jeunes du primaire, secondaire et collégial, lui ont donné un souffle supplémentaire et surtout une base solide!

École-O-Champ est donc né en 2013 comme projet étudiant à l’université McGill. Des activités étaient alors animées dans les écoles. La seconde année, deux semaines de camp de jour ont été ajoutées à l’horaire au camp MacDonald à Montréal, en plus d’un programme pour les jeunes déficients multiples. Par la suite, le nombre de semaines de camp de jour a passé à six, en plus de lancer des initiatives agricoles dans quelques municipalités. Devant la demande sans cesse grandissante pour ces activités, la structure devait être solidifiée. En 2016, Valérie recevait la bourse Laure Waridel, ce qui lui a permis de se consacrer complètement à ce projet. En décembre 2016, École-O-Champ était officiellement un OBNL avec une structure bien définie.

Une pédagogie expérientielle

Avec sa passion, Valérie s’entoure d’une équipe d’experts en matière agricole, alimentaire, environnementale et scientifique. Ils mettent à l’avant-plan la pédagogie expérientielle et démystifient les nombreuses questions que l’on peut se poser au quotidien, entre autres : d’où provient ce que l’on mange, les poules ont-elles des dents, est-ce qu’on peut manger des œufs de cane? Aucun doute, il est possible d’apprendre en s’amusant! C’est la prémisse de tout. Le cadre n’est pas rigide et en plus, on peut se salir!

L’école traditionnelle est souvent prise dans un cursus strict, à l’École-O-Champ, c’est tout le contraire! L’apprentissage des sciences naturelles s’effectue donc en fonction des observations des jeunes. Dans la nature, on peut suivre leur intérêt, aller au bout de leurs interrogations. « Allez jouer dans le champ! » He bien, pourquoi pas? Et pendant que les jeunes s’amusent, ils apprennent en plus une tonne de choses qui font d’eux des citoyens soucieux de leur environnement.

Portrait inspirant : Valérie Toupin-Dubé et l'École-O-Champ

École-O-Champ

Une semaine au camp

École-O-Champ propose deux types de camps de jour à l’Abbaye d’Oka. Avec Agricool, pour les 6-13 ans, ils découvrent tous les types de productions et le parcours des aliments de la ferme à l’assiette. Ils font aussi de la crème glacée, du beurre et de la confiture. Ils se questionnent, cherchent et trouvent les réponses! Ils comprennent alors que la nourriture dans leur assiette n’y apparait pas par magie, qu’il y a tout un processus derrière.

Tout au long de la semaine, les activités sont nombreuses afin de mieux connaitre les produits locaux et régionaux, les semences du patrimoine, la composition du sol, l’entretien d’un potager, le vermicompostage. Ils peuvent aussi goûter à une omelette préparée avec un œuf d’autruche et à des boules d'énergie faites, entre autres, avec de la farine d'insectes.

Les 9 à 14 ans peuvent se joindre aux Jeunes entrepreneurs bioalimentaires. En plus de leur semaine de camp, ils participent au marché des agriculteurs de la relève. Ils comprennent alors le processus de mise en marché et de vente.

Portrait inspirant: Valérie Toupin-Dubé et l'École-O-Champ

École-O-Champ

L’escouade des fermiers en ville

Les projets ne cessent d’affluer dans la tête de Valérie. Et puisque le transfert du savoir ne peut se faire uniquement à Oka, il existe également une Escouade de fermiers en ville! Cette escouade a été créée pour que chaque municipalité ou organisme communautaire puisse à leur tour offrir des camps de jour pour initier les jeunes à l’agriculture et à l’environnement. L’escouade peut également animer certaines activités plus complexes lors des camps de jour. L’offre est donc diversifiée et permet de transmettre des connaissances, mais surtout une passion pour tout ce qui touche l’agroalimentaire et l’environnement.

Valérie Toupin-Dubé redonne les lettres de noblesse à la terre. Elle valorise l’agriculture québécoise tout en créant de petits êtres responsables, dont nous avons tant besoin. Les gens comme Valérie qui mettent à l’avant-plan leur passion et leur souci de la terre sont précieux. Peut-être font-ils partie du maillon nécessaire pour sauver notre belle planète?