Alors que l’ère du numérique est en pleine expansion, les médias traditionnels, eux, sont en déclin. En effet, déjà en 2013, la majorité de la population de 44 ans et moins s’informe sur Internet. C’est donc la guerre de la rapidité entre les divers médias numériques. Certains journalistes omettent alors la vérification de leurs sources afin d’être les premiers à publier une nouvelle importante. Toutefois, cela peut mener à des faits erronés. Pire encore, certaines entités sont rendues à créer intentionnellement des fausses nouvelles

 

La définition de la fausse nouvelle

Les fake news sont des informations visant à tromper volontairement le lecteur, souvent dans le but ultime de faire de l’argent ou de provoquer un comportement de la part du lecteur. Divers types de fausses nouvelles existent. Certaines sont inventées de toute pièce pour faire de la propagande, d’autres relèvent de la paresse journalistique menant à de conclusions fautives ou encore ce peut être des erreurs de la part des médias sur des événements en cours. Les faits peuvent être détournés, exagérés ou dénaturés tout en étant présentés de façon véridique. Les rumeurs, tout comme la facilité d’accès à l’information par le biais d’Internet, favorisent grandement le phénomène des fausses nouvelles. 
En plus, il y a la présence de canulars à saveur humoristique sur certains sites comme The Onion, Le Gorafi et le Journal de Mourréal. Toutefois, ces sites sont connus pour créer du contenu fictif dans le but de parodier l’actualité. 

 

Un petit guide pour vérifier la véracité d’une nouvelle

Tout d’abord, regardez la longueur de l’article. Si celui-ci ne fait que trois ou quatre lignes, il vaut mieux valider la véracité des faits avec une autre source. Si l’article est plus long, il faudra alors vérifier l’orthographe. Un article bourré de fautes est signe de mauvais présage. Ensuite, il faudra bien évidemment faire attention à la source de la nouvelle. Est-ce un blogue personnel ou un site rempli de publicités douteuses ? Est-ce que l’allure du site laisse à désirer ? Si oui, vous avez intérêt à bannir cette source de votre répertoire. Visitez toujours la section « À propos » du site, ça peut être un bon indicateur de sa crédibilité. Finalement, il faut s’assurer que les sources citées dans l’article sont accessibles et véridiques. Un autre bon truc pour savoir si on parle d’une vraie nouvelle, faites une recherche sur le net. Vous trouverez de nombreuses sources concernant la nouvelle en question si elle est vraie !

 

Les fake news et le marketing

Certaines entreprises vont jusqu’à utiliser le phénomène des fausses nouvelles pour promouvoir leurs produits ou services. Par exemple, la maison de disques Sony Music a profité de la popularité des fake news pour faire la promotion du groupe Arcade Fire quelques jours avant le lancement de son dernier album. L’entreprise avait publié sur des faux sites d’information des nouvelles purement inventées. En effet, les lecteurs apprenaient que le groupe avait mis en demeure la chanteuse Katy Perry, qu’il avait perdu une somme astronomique d’argent dans un projet de vidéoclip qui aurait été produit par le cinéaste Terry Gilliam et finalement qu’il imposait un code vestimentaire stricte pour son spectacle de lancement à Brooklyn. L’objectif est de créer un buzz autour d’un objet, d’un service ou d’une vedette. On veut que le public en parle.

 

Les gens lisent plus les vraies nouvelles que les fausses. Vrai ou Faux ?

Faux. Les canulars génèrent plus de clics que les vraies nouvelles, car il est beaucoup plus facile de créer une nouvelle intrigante de toute pièce que d’attendre qu’un événement hors du commun survienne. C’est entre autres pour cette raison que les fausses nouvelles sont plus populaires que les vraies notamment sur Facebook. Ces créateurs de fake news — et même de faux comptes ! — veulent augmenter la visibilité de leur site en générant des partages sur les réseaux sociaux et ainsi atteindre leurs objectifs. Les vraies nouvelles mettent en moyenne six fois plus de temps que la désinformation à atteindre 1500 personnes ! C’est même rendu qu’il est rare de lire de vraies nouvelles sur Twitter... 

 

Faudra-t-il enlever le terme « Advisor » dans « Trip Advisor » ?

Avez-vous déjà fouillé sur Internet pour avoir des recommandations sur un certain produit ou endroit à visiter ? Méfiez-vous. Il y a aussi la présence de fausses critiques sur le web. En effet, des adversaires ou encore des ordinateurs programmés vont rédiger de faux commentaires sur des sites tels que Trip Advisor. Vérifiez maintes sources afin d’éviter d’être dupé.

 

Faits irréels... tout comme son auditoire

YouTube est un des sites ayant le plus d’achalandage au monde. Toutefois, certaines chaînes sont laissées dans l’ombre et se tournent vers la désinformation pour amener des visiteurs. Eh oui, il y a même des personnes qui sont rémunérées pour créer du contenu carrément faux afin d’augmenter l’auditoire de pages YouTube. En plus de cela, il est possible pour ces chaînes d’acheter des vues générées par des robots comme le propose l’entreprise Devumi. C’est engins seraient capables de générer jusqu’à un nombre illimité de vues d’une vidéo. En outre, il y a l’entreprise 500views qui génère des likes et des dislikes de façon informatisée. Ce phénomène est une grande problématique. En effet, on a dénombré plus de fausses vues que de vraies vues en 2013. Le géant de la vidéo avait même peur que les vraies vues soient comptabilisées comme des fausses et vice versa. 

 

Comment régler cette problématique ?

YouTube a mis en place certaines mesures afin de parer à cette pollution du web. En ce qui concerne les fausses vues, l’entreprise s’est munie d’une équipe antifraude qui achète plusieurs fausses nouvelles afin de mieux comprendre le fonctionnement des générateurs de fausses vues. Son objectif est d’avoir seulement 1 % de vues fictives présentes sur le site. Toutefois, cela représenterait tout de même 10 millions de visionnements quotidiennement. 

 

Un métier émerge de cet enjeu

Il existe depuis quelques années déjà des journalistes qui s’adonnent au monde de la désinformation web. Ce métier, quoiqu’il semblait étrange à ses débuts, est rendu très important dans le milieu journalistique d’aujourd’hui. En plus de détecter les fausses nouvelles, ces journalistes apportent de la crédibilité aux médias pour lesquels ils travaillent. Trump ne peut pas prétendre qu’une nouvelle à son égard est fausse si un travail rigoureux est fait de la part des médias informatifs. Ces professionnels vérifient tout, passant par le texte, les images jusqu’aux vidéos. Aucune fausse nouvelle ne peut leur échapper — ou presque. Pour les intéressés, voici un entretien entre Jeff Yates, chroniqueur à Radio-Canada spécialisé en vérification des faits et de désinformation web, ainsi que Donie O’Sullivan, journaliste à CNN qui travaille notamment avec l’équipe d’investigation sur la désinformation. 

 

Des outils efficaces, mais pas miraculeux

Malgré tous ces outils présents pour contrer la désinformation, certains canulars restent toujours présents sur le web et provoquent toujours un effet aussi hallucinant. Certes, l’actualité est remplie de fausses nouvelles et on voit même ce phénomène grandir, particulièrement depuis que le président américain M. Donald Trump est au pouvoir. De plus, un phénomène nommé le « deepfake » prend de l’ampleur sur le net. Cette technologie utilise l’intelligence artificielle pour transposer les visages de personnalités connues dans des vidéos, ce qui rend la nouvelle encore plus crédible. La désinformation est de plus en plus vorace ; il faudra donc que les moyens pour la contrer suivent la cadence. 


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