Mao Tsé-Toung, Hitler, Pol Pot, Tito, Saddam Hussein, Gengis Khan, toutes les époques ont connu leurs dictateurs et la nôtre ne fait pas exception. Voici les portraits de 12 dictateurs qui règnent présentement sur leurs pays en maîtres absolus, aussi cruels et avides les uns que les autres, au détriment de leur peuple souvent miséreux et misérable. 

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Crédit photo: Ed Jones/AFP/GettyImages

Kim Jong-un — Dirigeant de la Corée du Nord

30 ans Nombre d’années au pouvoir : 3 ans Kim Jong-un, né en 1983 (ou 1984), est le plus jeune dictateur vivant. Il est au pouvoir depuis la mort de son père, en 2011. Son père a appauvri son peuple, a laissé la famine se répandre et a jeté des centaines de milliers de personnes dans des camps de prisonniers (il y en a environ 200 000 encore aujourd’hui), tout en dépensant les rares ressources du pays sur un programme nucléaire. Kim Jong-un continue allègrement sur les traces de ce père et gouverne le pays avec un culte de la personnalité poussé à l’extrême.

La Corée du Nord est aujourd’hui l’état le plus totalitaire et isolationniste au monde. Ses violations des droits de l'homme sont difficiles à déterminer parce que le gouvernement de Kim Jong-un musèle violemment tous les médias du pays. Il n’y a aucune liberté d’expression, de religion ou de voyage, et en tant que pays du monde le plus homogène ethniquement, les droits des minorités sont inexistants. La peine de mort est largement répandue, sans trop de processus judiciaires.

En 2013, à la suite d’exercices militaires communs entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud, Kim Jong-un les a menacés de guerre nucléaire. En octobre 2013, il a fait fusiller son ex-petite amie et onze membres de son groupe de danseuses à cause d’une vidéo où elles étaient légèrement vêtues. Le 12 décembre 2013, il a fait exécuter son oncle, numéro deux du régime, soi-disant pour des actes criminels et une faction contre-révolutionnaire. Le régime nord-coréen ne punit pas seulement l’individu dissident, mais condamne toute sa famille, parents, grands-parents, enfants, tous sont envoyés dans des camps de travail forcé. Kim Jong-un serait responsable de la mort d’au moins 31 officiers et officiels depuis septembre 2010.   * Sur la photo, prise le 15 avril 2012, on voit le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un regardant une parade militaire marquant le centenaire de la naissance du fondateur du pays, son grand-père, Kim II-Sung, à Pyongyang. 

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Gurbanguly Berdimuhamedow - Président du Turkménistan

59 ans Années au pouvoir : 7 ans Gurbanguly Berdimuhamedow, né le 29 juin 1957, est depuis le 14 février 2007 le président du Turkménistan, un pays d'Asie centrale entouré par l'Afghanistan, l'Iran, la mer Caspienne, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Dentiste de formation, Berdimuhamedow a succédé à l’excentrique tyran Saparmurat Niyazov (qui a fait renommé les mois de l’année d’après son propre nom et celui de sa famille), dont il a conservé les politiques répressives pour la simple raison, a-t-il expliqué, qu'il lui ressemble beaucoup physiquement.

C’est lui qui a organisé en 2004, alors qu’il était vice-président, la politique de santé imaginée par son prédécesseur  en supprimant les hôpitaux de campagne et 15 000 emplois médicaux pour faire des économies budgétaires.

Le régime de Gurbanguly Berdimuhamedow est considéré par plusieurs organismes indépendants comme une dictature : en effet, le culte de la personnalité, les scores soviétiques aux élections, les projets pharaoniques comme le soi-disant « Palais du bonheur » inauguré en grande pompe pour les 20 ans de l'indépendance pour des sommes sans commune mesure avec la richesse du pays sont autant d'indices qui convergent vers cette conclusion.   * Sur la photo, le président du Turkménistan, Gurbanguly Berdimuhamedow, à Ankara, en Turquie, le 3 juin 2014. 

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Crédit photo: BRENDAN SMIALOWSKI/AFP/Getty Images

Abdallah ben Abdelaziz al-Saud — Roi d’Arabie saoudite

90 ans Nombre d’années au pouvoir: 9 ans Le roi Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud, né en 1924, est le roi d’Arabie saoudite depuis 2005. (Son nom complet est Abdallah ben Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal ben Turki ben Abdallah ben Mohammed ben Saoud). Il est, selon le classement de Forbes, la septième personne la plus influente au monde et l’un des souverains les plus riches avec une fortune estimée à 21 milliards de dollars.

Le 6e roi d’Arabie saoudite contrôle les plus grands champs pétroliers du monde et il est le leader du monde musulman. Son pays est gouverné selon la loi islamique. Les dissidents politiques et religieux sont souvent condamnés à des punitions issues des siècles passés. Les femmes sont enfermées et n’ont pas le droit de conduire. L’homosexualité est punie par la mort. Les médias sont censurés par le gouvernement et les partis politiques y sont interdits. L’Arabie saoudite est l’une de ces nations qui ne connaissent pas d’élections (sauf au niveau municipal).

Les femmes n’ont pas le droit de voter, de voyager, de travailler ou de subir des interventions médicales sans la permission d’un homme de la famille, et ne peuvent pas témoigner en leur propre nom lors des procédures de divorce. Devant la justice, le témoignage d’un homme égale celui de deux femmes.   * Sur la photo, le roi d’Arabie saoudite Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud avant une rencontre avec le secrétaire d’État américain à sa résidence privée, le 27 juin 2014, à Jeddah, en Arabie saoudite. 

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Crédit photo: JOSEPH EID/AFP/Getty Images

Bachar al-Assad — Président de la Syrie

49 ans Nombre d’années au pouvoir: 14 ans Bachar al-Assad, né en 1965, est le président de la Syrie depuis 2000. Il a succédé à son père qui a dirigé le pays pendant les 30 années précédentes. On le décrit comme un despote prétentieux qui essaie de rentrer dans les souliers de son père, qui seraient trop grands pour lui. Al-Assad a dépensé une fortune dans des pays comme le Liban et l’Iraq, tout en négligeant les besoins de son peuple. Al-Assad est accusé par les États-Unis et Israël de soutenir le Hezbollah, le Hamas et le djihad islamique.

En 2011, quand un « printemps arabe » s’est soulevé en Syrie, la réponse d’al-Assad a été de lui opposer la répression par la police et les militaires. Ces violences ont donné naissance à l’Armée syrienne libre, composée d’opposants et de déserteurs de l’armée. Al-Assad a été accusé d’avoir utilisé des armes chimiques à plusieurs reprises sur les opposants à son régime.   * Sur la photo, prise le 18 janvier 2014, le président syrien Bashar al-Assad lors d’une entrevue avec AFP.

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Crédit photo: ISSOUF SANOGO/AFP/Getty Images

 

Yahya Jammeh - Président de la Gambie

49 ans Années au pouvoir : 20 ans Ce militaire qui a accédé au pouvoir à la faveur d’un coup d’État en juillet 1994, renversant ainsi un autre dictateur, Dawda Jawara, a déclaré qu’il allait régner pendant 40 ans. Jammeh a été réélu pour un quatrième mandat de cinq ans en 2011, en obtenant 71,5 % des voix. Son règne est dominé par la censure des médias. Il est classé comme un prédateur de la liberté de la presse par Reporters sans frontières. L’homme a déclaré avoir découvert le remède au sida et à l’asthme, grâce à des herbes médicinales.

Il prétend avoir également développé un remède pour soigner l’hypertension artérielle avec des plantes pouvant soigner la maladie avec une seule dose, ce dont témoignent plusieurs de ses ministres. Il a aussi déclaré qu’il avait des pouvoirs magiques et qu’il allait transformer la Gambie en pays producteur de pétrole. Ce qui tarde toujours à arriver. Plutôt narcissique, le dictateur insiste pour qu’on l’appelle Son excellence le scheik professeur Alhaji Dr Yahya Abdul-Azziz Jemus Junkung Jammeh.

En 2008, Jammeh a exigé que tous les homosexuels quittent le pays, en ajoutant que ceux qui protégeaient les homosexuels s’exposeraient à des conséquences terribles.   * Sur la photo, le président de la Gambie, Yahya Jammeh, le 28 mars 2014, à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. 

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Crédit photo: PETRAS MALUKAS/AFP/Getty Images

Alexandre Loukachenko — Président de Biélorussie

60 ans Nombre d’années au pouvoir: 20 ans Alexandre Loukachenko, né en 1954, est le président de Biélorussie. Il a été élu en 1994, puis réélu en 2001, 2006 et 2010. Mais comme l’opposition n’a pas le droit de parole, la communauté internationale conteste ces élections. Loukachenko est souvent qualifié de « dernier dictateur d’Europe », à cause de la continuelle restriction des libertés publiques dans son pays. Il est interdit de séjour dans l’Union européenne et aux États-Unis.

Son pouvoir est appuyé par la Russie, qui le soutient malgré les accusations des pays occidentaux. Ouvertement pro-nucléaire iranien, antihomosexuels et antisémite, il se défend par le fait que son pays est une démocratie et que donc chacun a le droit à la liberté d’expression.   * Sur la photo, le président de Biélorussie, Alexandre Loukachenko, le 16 septembre 2009. 

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Crédit photo: SIMON MAINA/AFP/Getty Images

Isaias Afewerki — Président de l’Érythrée

68 ans Nombre d’années au pouvoir : 21 ans Isaias Afewerki, né en 1946, est le président de l’Érythrée depuis son indépendance, en mai 1993. Il est le premier et le seul président de la courte histoire de ce pays. Cet ancien secrétaire général du Front populaire de libération de l’Érythrée était au départ considéré comme un libérateur. Afewerki a plutôt fait de son pays une prison où les médias indépendants ont été fermés, les élections rejetées et le service militaire sans fin est obligatoire.

Des messages diplomatiques révélés par Wikileaks en décembre 2010 ont brossé un portrait peu flatteur du gouvernement d’Afewerki. « Les jeunes Érythréens fuient leur pays, l’économie se meurt, les prisons débordent et le dictateur reste cruel et méfiant. Est-ce que le pays frôle le désastre ? », se demandait l’ambassadeur américain Ronald McMullen.

Plus de la moitié de la population souffre de malnutrition, ce qui n’a pas empêché le pays de refuser les offres d’aides alimentaires étrangères, car, comme l’a déclaré l’ambassadeur érythréen aux médias : « l’aide alimentaire extérieure diabolise les locaux et les rend paresseux ». Dans un rapport publié en 2013, Amnesty International décompte plus de 10 000 prisonniers politiques en Érythrée, arrêtés arbitrairement et détenus sans jugement dans d’atroces conditions. Le gouvernement d’Afewerki est accusé d’« autoritarisme ».   * Sur la photo, le président Isaias Afewerki à Nairobi, au Kenya, le 12 décembre 2013. 

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Crédit photo: EBRAHIM HAMID/AFP/Getty Images

Omar el-Béchir — Président du Soudan

70 ans Nombre d’années au pouvoir: 21 ans Omar Hassan Ahmed el-Béchir, né en 1944, est un chef militaire et politicien soudanais, chef de l’État de 1989 à 1993, puis président de la République du Soudan, le plus grand des états africains, depuis 1993. El-Béchir est « célèbre » pour avoir causé une guerre civile complexe qui a ravagé le pays pendant 20 ans, causant deux millions de morts et quatre millions de réfugiés. Ses milices ont peut-être arrêté leurs massacres au Darfour, mais ils continuent à faire le trafic des Soudanais noirs comme esclaves (Bashir a été accusé d’en avoir lui-même plusieurs).

L’homme s’est emparé du pouvoir grâce à un coup militaire, à la suite duquel il a suspendu la constitution, aboli l’Assemblée législative et interdit les partis politiques et les syndicats. Il a toujours insisté pour que le pays soit gouverné selon la Charia, même dans le Soudan du Sud où la population est en majorité chrétienne.

En 2009 et 2010, des mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre el-Béchir, l’accusant de crimes de guerre, de crime contre l’humanité et de génocide dans le cadre de la guerre civile au Darfour, dans le sud du pays. El-Béchir devient ainsi le premier chef d’État en exercice à faire face à un mandat d’arrêt international, même si les pays arabes et africains ne donnent pas suite à ce mandat, pas plus que la Chine.   * Sur la photo, le président Omar el-Béchir le 27 juin 2014, à l’aéroport de Khartoum. 

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Crédit photo: ILMARS ZNOTINS/AFP/Getty Images

Islom Karimov — Président de la République d’Ouzbékistan

76 ans Nombre d’années au pouvoir: 24 ans Islom Karimov, né en 1938, est le président de la République d’Ouzbékistan depuis 1990, juste avant la tombée de l’Union soviétique. Après avoir monté tous les échelons sous le régime communiste de l’URSS, Islom Karimov est à la tête de l’Ouzbékistan depuis l’indépendance du pays.

Il a gagné depuis toutes les élections de ce pays de 28 millions d’habitants, grand comme l’Espagne, avec des pourcentages allant de 80 % à 100 %. La répression est forte en Ouzbékistan. Les Nations Unies ont déclaré que le gouvernement de Karimov était responsable de tortures et d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants, en violation avec les accords internationaux des droits de l’homme. On dit de Karimov qu’il a exécuté des prisonniers politiques en les faisant bouillir jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Tous ceux qui s’opposent à lui sont des « terroristes islamistes » qui ne méritent que la torture. En mai 2011, la fille cadette de Karimov a attaqué le journal français Rue89 pour « diffamation » de son père, notamment pour l’avoir qualifié de « dictateur ». À la fin juin 2011, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a relaxé rue89.fr de toutes les accusations de la fille du président. Ce qui nous rassure pour le présent article.   * Sur la photo, Islam Karimov lors d’une conférence de presse à Riga, en Lettonie, le 17 octobre 2013.

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Crédit photo: JEKESAI NJIKIZANA/AFP/Getty Images

Robert Mugabe — Président du Zimbabwe

90 ans Nombre d’années au pouvoir: 27 ans Robert Gabriel Mugabe, né en 1924, en Rhodésie du Sud, a fêté ses 90 ans cette année. Mugabe a commencé son règne en 1987 avec un large soutien national et international. Après avoir dirigé une guerre de libération anticoloniale, il a été élu le premier président du nouvel état indépendant, le Zimbabwe, qui remplaçait l’ancienne colonie britannique la Rhodésie du Sud. Au fil des années, le président Mugabe a démontré des tendances de plus en plus dictatoriales.

Selon Amnesty International, en 2002 uniquement, le gouvernement de Mugabe a tué ou torturé 70 000 personnes. Le taux de chômage est au-dessus de 70 %. Mugabe a été accusé de bloquer la livraison de nourriture destinée aux groupes et aux régions qui soutiennent le parti de l’opposition. Il a continué à tenir des élections, mais a limité la capacité de l’opposition à faire campagne et a fermé les médias qui ne le supportaient pas. Quand le chef de l’opposition, Morgan Tsvangiral a gagné 42 % des votes, Mugabe l’a fait arrêté et accusé de trahison. Mugabe a aussi confisqué des fermes appartenant à des Blancs, sans compensation financière, pour les distribuer à ses partisans. Six mandats présidentiels et 25 ans d’un régime soutenu par la fraude et la violence font de Robert Mugabe un despote qui a contribué surtout à faire du Zimbabwe un pays affligé d’une profonde crise économique, sans liberté de presse et d’expression, un pays envahi par la violence et l’intolérance, où la violence sexuelle contre les femmes est une arme politique.

En 2003, Mugabe a déclaré vouloir devenir le décuple de Hitler. En 2005, il a affirmé que son peuple ne mourait pas de faim, mais qu’il refusait plutôt de changer de régime alimentaire et de manger des patates ou du riz. Son peuple serait en fait très heureux selon lui, son seul problème serait sa dépendance au maïs. « Nous avons des tonnes de patates, mais les gens ne sont pas des mangeurs de patates… Ils ont du riz, mais cela ne les attire pas », a-t-il déploré. Mugabe a été réélu en juillet 2013 pour un nouveau mandat de 5 ans à la tête du Zimbabwe.   * Sur la photo, le président Robert Mugabe durant les célébrations soulignant son 90e anniversaire, à Marondera, au Zimbabwe, le 23 février 2014.

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Crédit photo: MARY ALTAFFER/AFP/Getty Images

Mswati III — Roi du Swaziland

46 ans Nombre d’années au pouvoir: 28 ans Mswati III, né en 1968, est le roi du Swaziland, un petit pays africain de 1,2 million d’habitants. Il a succédé à son père en 1986 et est actuellement le dernier monarque absolu d’Afrique. Parce qu’il a été élevé en Angleterre, on a cru qu’il allait moderniser le royaume, mais il a montré plutôt qu’il ne détestait pas les coutumes de son pays. Le 15 septembre 2012, il a regardé des milliers de filles et de jeunes femmes danser les seins nus lors d’une tête traditionnelle pour choisir celle qui deviendrait sa 10e femme (son père a en eu 100).

La mère de la fille choisie a lancé une poursuite contre le roi, en l’accusant d’avoir enlevé sa fille. Mswati, qui règne par décret, a alors annoncé que les cours de justice de Swaziland n’avaient plus le droit d’émettre des règlements qui limitaient le pouvoir du roi. Alors que son pays fait partie des pays les plus pauvres du monde et que 25,9 % de sa population est victime du sida (chiffres de 2011) et de la sécheresse, le roi Mwsati III a acheté pour lui et ses femmes 20 BMW et une Daimler-Chrysler d’un demi-million de dollars. Le roi a déclaré en 2013 que seule la mort peut défaire une union traditionnelle, même si la culture swazie permet la fin des mariages.   * Sur la photo, prise le 25 septembre 2013, le roi Mswati III lors de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations unies. 

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Crédit photo: Amine Landoulsi/Anadolu Agency/Getty Images

Teodoro Obiang Nguema - Président de la Guinée équatoriale

72 ans Nombre d’années au pouvoir: 35 ans Teodoro Obiang Nguema, né en 1942, a pris la tête de la République de Guinée équatoriale en 1979 à la faveur d’un coup d’État contre son oncle. Il a été réélu plusieurs fois avec des scores frisant les 100 %. La Guinée équatoriale, qui ne compte que 750 000 habitants, était une dictature qui passait plutôt inaperçue jusqu’à ce qu’on y découvre des réserves de pétrole en 1995. Depuis, les compagnies pétrolières américaines ont déversé des milliards de dollars dans le pays. Le revenu annuel par tête est de 4 472 $, 60 % des Équatoguinéens gagnent moins de 1 $ par jour. L’argent du pétrole va directement au président Obiang, qui a déclaré qu’il n’y avait pas de pauvreté en Guinée et que les gens étaient surtout habitués à vivre d’une façon différente. Selon le magazine Forbes, Obiang est l’un des chefs d’État les plus riches du monde, avec une fortune estimée à 600 millions de dollars.

Dans son pays, il n’y a pas de transport public, pas de journaux et seul 1 % du revenu du gouvernement va à la santé. Quand on lui demande pourquoi il garde pour lui tant d’argent de son pays dans son compte personnel, Obiang explique qu’il garde l’absolu contrôle de l’argent pour éviter la corruption. La radio d’État a déjà annoncé que le président Obliang est en contact permanent avec le « Tout-Puissant » et qu’il pouvait donc « commettre des meurtres sans avoir à rendre des comptes à qui que ce soit et sans aller en enfer ».   * Sur la photo, le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, durant le 23e sommet de l’union africaine, le 26 juin 2014.

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