Le 16 novembre 1885, le chef métis Louis Riel est exécuté à Régina au terme d’un procès de haute trahison devant un jury composé uniquement d’anglophones. Malgré les demandes de clémence et les appels du gouvernement, l’exécution de ce grand défenseur des francophones de l’Ouest divise encore plus profondément les deux solitudes canadiennes.

Louis Riel

Crédit photo: I. Bennetto & Co.

Héros du mouvement de résistance métis de 1869-1870 qui avait réussi à faire obstacle à la prise de possession unilatérale des territoires de l'Ouest par le Canada, Louis Riel avait ensuite été forcé de s’exiler aux États-Unis. En 1884, il revient d’exil pour répondre à l’appel des Métis de la Saskatchewan et forme un gouvernement provisoire à Batoche l’année suivante, se croyant alors investi d’une mission divine de créer un territoire réservé aux Métis et aux opprimés. L’insurrection échoue devant le corps expéditionnaire et Riel se rend en croyant parvenir à débattre sa cause au tribunal. Ses avocats tenteront sans succès de plaider l’aliénation mentale.

L'exécution de Riel

L'exécution de Riel. Crédit photo: Le Monde illustré, vol. 2 no 83. p. 241 (5 décembre 1885)/Bibliothèque nationale du Québec

Pendant que les unionistes ontariens se réjouissent de son exécution, le Québec est en deuil. Entre 20 000 et  50 000 personnes se rassemblent sur le champ de mars à Montréal en portant un brassard noir sur le bras. Parmi les orateurs, Honoré Mercier prononce un discours mémorable dont voici un extrait : « En tuant Riel, Sir John n'a pas seulement frappé notre race au cœur, mais il a surtout frappé la cause de la justice et de l'humanité qui, représentée dans toutes les langues et sanctifiée par toutes les croyances religieuses, demandait grâce pour le prisonnier de Regina, notre pauvre frère du Nord-Ouest… » Vous trouverez le discours en entier ici

Pour mieux saisir le contexte de cet épisode peu glorieux de notre histoire, vous pouvez vous replonger dans cet épisode de l’histoire du Québec:

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