En 2018, on fêtera les 100 ans de la naissance de la Société amicale des charpentiers et menuisiers de Montréal, le premier syndicat québécois officiellement reconnu. Cette société amicale n’existe plus, mais elle a ouvert la route à toutes les révolutions, dissensions et fédérations qui ont depuis marqué le monde du syndicalisme québécois. Tour à tour dominés par les unions américaines et le clergé, on compte 9 syndicats québécois, dont le plus important est la FTQ.

FTQ: Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

Le monde des travailleurs

Louis Laberge, président de la FTQ de 1964 à 1991

Louis Laberge, un personnage clé de la FTQ, le plus important groupe syndical de la province de Québec. Il est mort en 2002, à 78 ans, d’une crise cardiaque.  Photo : CP PICTURE ARCHIVE/Ian Barrett

  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
  • Créée en 1957
  • Plus de 600 000 membres, soit 44 % des syndiqués québécois
  • La majorité des membres sont des hommes, employés au secteur privé.

La FTQ compte 17 conseils régionaux et 5 000 unités de base, appelées "local". La fédération est l'instigatrice du plus grand fonds de travailleurs du Québec, le Fonds de solidarité FTQ, qui a des actifs de 8,2 milliards de dollars et réunit un demi-million d’actionnaires-propriétaires. La Fédération a connu son essor de 1964 à 1991, sous la présidence de Louis Laberge.  

Les 600 000 membres de la FTQ travaillent pour Hydro-Québec, Bell-Canada, Metro Provigo, Rona, Réno-Dépôt, Archambault, Renaud-Bray, Bombardier, Ispat-Sidbec, Banque Laurentienne, Mouvement Desjardins et autres lieux de concentration de travailleurs. Ce sont des fonctionnaires, des travailleurs de la construction, des pâtes et papiers, des communications (Vidéotron, TVA, Radio-Canada), des transports en tous genres et du secteur culturel, comme l’Union des artistes.

La FTQ c’est aussi des milliers de petites et moyennes entreprises de textile et vêtement, d’ameublement, de boulangerie, d’imprimerie, de produits chimiques et électriques, d’agences de sécurité, d’entretien ménager, d’hôtellerie et restauration, d’aide domestique et de ressources familiales et intermédiaires… Bref, la FTQ elle est partout au Québec.

Bernard « Rambo » Gauthier, organisateur syndical de la Côte Nord 

Bernard « Rambo » Gauthier, un organisateur syndical de la côte nord bien connu, un « ex-bum » qui, dit-on, ne se laisse pas piler sur les pieds.  En février 2104, la commission Charbonneau l’a questionné sur la corruption qui règne dans l’industrie de la construction au Québec. Photo : THE CANADIAN PRESS/Charbonneau Commission

CSN: Confédération des syndicats nationaux

L'autre monde des travailleurs

  • Confédération des syndicats nationaux
  • Fondée en 1921
  • 300 000 membres en 2012
  • Moitié hommes, moitié femmes, secteurs privé et public

La CSN est la 2e plus grande centrale syndicale du Québec par le nombre de ses membres, soit la moitié de ce que compte la FTQ. La Confédération des syndicats nationaux, ce sont 2000 syndicats et 4 400 lieux de travail divisés en huit fédérations et en 13 conseils centraux.

Les syndicats de la Confédération sont autonomes : chacun détient sa propre identité et peut démocratiquement se désaffilier de la centrale. Parmi les nombreux présidents qui se sont succédé à la tête de la CSN, on se souvient de Claudette Charbonneau, qui en fut pendant 9 ans la première femme présidente, de 2002 à 2011.

Jacques Létourneau, président de la CSN depuis octobre 2012

Le président actuel de la CSN, Jacques Létourneau, le 15 juin 2014. Photo: THE CANADIAN PRESS IMAGES/ Mario Beauregard

Marcel Pepin

Marcel Pepin est une figure clé de l’histoire du syndicalisme québécois. Né en 1926 et mort en 2000, l’homme est devenu président de la CSN en 1965. Ses mandats sont marqués par son radicalisme et plusieurs épisodes mouvementés, dont la grève dont le Front commun de 1972, qui lui a valu une peine d’emprisonnement sous le gouvernement de Robert Bourassa.

Marcel Pépin, président de la CSN de 1965 à 1976

Marcel Pépin, le 25 août 1977. à 51 ans. Photo : CP PICTURE ARCHIVE/Chuck Stoody

L’influence de Marcel Pepin dans le milieu syndical s’accroit en 1973 quand il devient président de la Confédération mondiale du travail (CMT), un organisme international qui compte environ 14 millions d'adhérents. En 1982, Marcel Pepin a été élu à la tête du Mouvement socialiste du Québec alors qu’il était professeur à l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal, de 1980 à 1990.  

CSQ: Centrale des syndicats du Québec

Le monde de l’éducation

  • La Centrale des syndicats du Québec
  • Ancien nom : Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ)
  • Ses origines remontent à 1936
  • 200 000 membres en 2014, dont 130 000 dans le domaine de l’éducation

Domaines : éducation, santé, services sociaux, loisirs et communications. La CSQ compte en ses rangs environ 75 % de femmes et 30 % de jeunes âgés de moins de 35 ans. La CSQ regroupe du personnel enseignant, professionnel et de soutien des commissions scolaires, des cégeps et des universités, des intervenantes en garderie, des infirmières et du personnel du secteur de la santé et des services sociaux ainsi que des travailleur(se)s des communications, du communautaire et du loisir. La Centrale compte aussi une association de retraités, l’AREQ, forte de 55 000 membres.

En 2006, la CSQ a perdu un tiers de ses membres qui se sont regroupés pour former la Fédération autonome de l’enseignement (qui compte aujourd’hui 32 000 membres).  

la manifestation de la CSQ, le Jour des travailleuses et des travailleurs du 1er mai 2014.

Sur la photo, la manifestation de la CSQ, le Jour des travailleuses et des travailleurs du 1er mai 2014. Photo : lacsq.org

CSD: Centrale des syndicats démocratiques

Le monde des ouvriers

  • Centrale des syndicats démocratiques
  • Formée en juin 1972 à la suite d'une scission de la CSN
  • 73 200 membres en 2013

La CSD est la quatrième grande centrale syndicale du Québec. Lors de sa formation en 1972, la Centrale des syndicats démocratiques a drainé 30 000 membres de la CSN, des travailleurs et travailleuses du secteur privé et manufacturier qui étaient en désaccord avec le durcissement des positions et l'adoption de syndicalisme de combat par la centrale.

Au même moment se fondait le premier front commun des centrales syndicales québécoises et se vivaient les derniers moments de la Révolution tranquille.  

François Vaudreuil, président de la CSD depuis 1997

Le chef de la CSD, François Vaudreuil, lors du colloque de 2012. Photo : csd.qc.ca

FIQ: Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Le monde des infirmiers

  • Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec
  • Ex-Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, née en 1987
  • Plus de 62 000 membres
  • Domaines des soins infirmiers
  • 60 syndicats dans 152 établissements de santé

La FIQ est née de la fusion de 3 fédérations : la Fédération des infirmières et infirmiers unis, la Fédération québécoise des infirmières et infirmiers et la Fédération des syndicats professionnels d’infirmières et d’infirmiers du Québec). En juin 2006, la FIQ a joint le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) dont la mission est la défense et la promotion des services publics offerts à la population québécoise.

En se réunissant, les organisations syndicales du SISP (APTS, CSQ, FIQ, SFPQ et SPGQ) veulent favoriser l’accès à des services publics de qualité sur l’ensemble du territoire québécois. Le SISP regroupe plus de 300 000 membres, provenant de ses cinq organisations.  

Régine Laurent, à l’extrême gauche, en veston rose, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Régine Laurent, à l’extrême gauche, en veston rose, entourée de membres du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires, affilié à la FIQ, lors de son récent passage à Amqui, au Québec. (Photo : FIQ)

SFPQ: Syndicat de la fonction publique du Québec

Le monde des fonctionnaires

  • Syndicat de la fonction publique du Québec
  • Représente principalement les fonctionnaires de l'état québécois
  • 43 000 membres, dont plus du deux tiers sont des femmes

Le SFPQ a été créé officiellement en 1962 pour représenter les employées et les employés du gouvernement du Québec, mais c’est en 1964, après plusieurs batailles et revendications que le Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec est reconnu officiellement comme l’unique représentant de tous les fonctionnaires et ouvriers de la province travaillant au sein de la fonction publique du Québec.

Le SFPQ s’est affilié à la CSN en 1966. L’avènement du Front commun de 1972, la tenue de deux référendums et un désir d’autonomie amènent le SFPQ à se désaffilier de la CSN en 1972 et à signer sa première convention collective à titre de syndicat indépendant.

Lucie Martineau, présidente du SFPQ

La présidente du SFPQ, Lucie Martineau, le 4 mars 2013, dans une entrevue avec Radio-Canada. (Photo : ici.radio-canada)

APTS: Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

Le monde des indispensables

  • Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux
  • Domaines du secteur public de la santé et des services sociaux
  • 32 000 membres

Fondé le 18 mars 2004, l’APTS est né d'une fusion de deux organisations syndicales indépendantes de type profession : l’Association professionnelle des technologistes médicaux du Québec (APTMQ), qui comptait 5 000 membres, et la Centrale des professionnelles et professionnels de la santé (CPS), 10 000 membres.

L’APTS est associée, entre autres, aux organisations et regroupements suivants : Centre international de solidarité ouvrière, Coalition Solidarité Santé, Forum social québécois, Intersyndicale des femmes, Regroupement québécois d’interaction continentale, Réseau Vigilance, Secrétariat intersyndical des services publics et Internationale des services publics.

Carolle Dubé, présidente de l’APTS depuis 2012

Sur la photo, la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, le 25 septembre 2014. (Photo : APTS/32000indispenssables)

SPGQ: Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec

Le monde des employés du gouvernement québécois

  • Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
  • 18 800 personnes
  • 35 unités de négociation

Fondé en 1968,le SPGQ est né de la fusion de syndicats représentants divers groupes de professionnels, dont les premiers avaient été fondés en 1965. En mai 1966, le SPGQ a lancé une grève qui s’est terminée douze semaines plus tard par la signature de ses premières conventions collectives.

Richard Perron, président du SPGQ

Le président du SPGQ, Richard Perron. (Photo : solidariteristigouche.com)

UPA: Union des producteurs agricoles du Québec

Le monde des agriculteurs

  • Union des producteurs agricoles du Québec
  • Ancienne Union catholique des cultivateurs
  • 43 000 membres
  • Mission : promouvoir, défendre et développer les intérêts professionnels, économiques, sociaux et moraux des producteurs agricoles et forestiers du Québec

En 2024, ça fera cent ans que 2400 producteurs agricoles se seront réunis à Québec pour fonder l’Union catholique des cultivateurs (UCC), devenue l’Union des producteurs agricoles en 1972. Aujourd’hui, l’Union des producteurs agricoles représente 43 000 producteurs et productrices agricoles du Québec. Avec ses 92 syndicats locaux, ses 12 fédérations régionales, ses 159 syndicats et 26 groupes spécialisés, l'UPA est la voix officielle des agriculteurs et agricultrices du Québec.

L’UPA agit également de concert avec les autres mouvements agricoles et forestiers du Canada pour représenter ses membres dans les discussions sur le commerce international comme ceux de l'Organisation mondiale du commerce. Depuis 2010, un second groupe de producteurs agricole, le Conseil des entrepreneurs agricoles du Québec, conteste le monopole de l’UPA.  

Ferme

Photo : upamonteregie.ca

Union Paysanne du Québec

Le monde des paysans

  • L'Union paysanne du Québec
  • Fondée en novembre 2001

Dans la foulée des revendications contre les OGM (organismes génétiquement modifiés), contre la mondialisation et pour l'agriculture biologique, l'association Union Paysanne conteste les orientations de l'UPA et promeut une vision plus altermondialiste.  

Roméo Bouchard, fondateur de l’Union paysanne, qu’il a présidée de 2001 à 2004.

Roméo Bouchard, né en 1936, un agriculteur biologique, un écrivain environnementaliste et le fondateur de l’Union paysanne, qu’il a présidé de 2001 à 2004. Il est depuis le début des années 2010, le directeur général et porte-parole de la Coalition pour la constituante, devenu depuis le Parti des sans-parti. (Photo : mondialisation.ca)

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