On savait que l’apparence de nos selles était un indicateur de notre santé, mais on ne savait pas qu’en plus, il s’y trouvait du plastique… quoiqu’on pouvait s’en douter! En effet, une récente étude confirme l’impact du plastique dans notre chaine alimentaire. Il est dorénavant partout, même dans nos excréments!
 

L’étude

La conclusion d’une étude présentée au congrès de l’Union européenne de gastro-entérologie à Vienne, en Autriche, est simple et claire : nous mangeons du plastique, il y en a donc dans nos excréments. Bon d’accord, ce n’est pas nécessairement le travail qu’on souhaiterait faire : passer nos journées à analyser des selles en provenance d’un peu partout dans le monde, mais merci à ceux qui le font. Effectivement, les résultats sont inquiétants, bien que pas surprenants. 
 

Les selles de 8 individus à travers le monde

8 individus se sont prêtés à l’étude. Aucun n’était végétarien et 6 d’entre eux consommaient des poissons et des fruits de mer. Ils ont été recrutés en Italie, au Japon, en Pologne, aux Pays-Bas, en Russie, au Royaume-Uni, en Finlande et en Autriche afin que plusieurs pays de diverses latitudes soient représentés. Durant une semaine, ils ont noté tout ce qu’ils mangeaient. Ils avaient tous un régime alimentaire varié et ont mentionné avoir bu de l’eau en bouteille et consommé certains produits préalablement emballés dans des pellicules de plastique.
 

De nombreux types de plastique détectés

Tous les échantillons de selles analysés contenaient du plastique, allant de minuscules traces, soit 50 microns, jusqu’à la grosseur d’un cheveu, soit 0.5 millimètre. Les microbilles des produits de cosmétique étaient déjà pointées du doigt comme étant une véritable plaie pour l’écosystème marin, mais cette étude démontre clairement que la problématique s’avère bien plus large
 
9 types de plastique ont été détectés. 4 d’entre eux représentent 95 % des traces identifiées. Il s’agit :
 
du polypropylène qu’on retrouve dans les bouchons de bouteille;
du PET utilisé pour la confection des bouteilles;
du polystyrène qu’on retrouve dans les barquettes;
du polyéthylène utilisé entre autres pour les sacs en plastique.
 

Pas de lien précis avec l’alimentation… mais tout est contaminé ou presque!

Étant donné le faible nombre de personnes requises pour cette étude, il est impossible pour l’instant d’établir un lien précis entre l’alimentation et la quantité de plastique ingurgitée. Il semble toutefois clair que le plastique a intégré la chaine alimentaire à un niveau qui nous dépasse. Il y a bien sûr tout ce plastique qui a envahi l’océan et qui se retrouve maintenant à la base de la chaine alimentaire marine, mais il y a aussi toutes ces microparticules qui se détachent des pellicules de plastique, des contenants, des bouteilles d’eau que nous utilisons sur une base quotidienne. Bref, c’est un peu, même beaucoup, alarmant!

Comprendre les conséquences sur notre santé

Le Dr Philip Schwabl, à la tête de l’étude, s’est dit particulièrement inquiet pour les personnes qui souffrent d’une maladie gastro-intestinale. De plus, des études précédentes sur des animaux qui avaient décelé la présence de microplastique dans leur intestin avaient en plus remarqué que ces mêmes particules pouvaient atteindre le sang, le foie et le système lymphatique. L’impact ne se restreindrait donc pas uniquement au système digestif. Maintenant qu’il a prouvé que le plastique traversait bel et bien notre appareil digestif, Dr Schwabl souhaite entreprendre d’autres recherches afin de mieux comprendre les répercussions sur notre santé
 
Les recherches sont d’une importance capitale, tout comme les faits scientifiques. Néanmoins, il ne faut pas toujours attendre des chiffres et des statistiques. Aucune étude n’est nécessaire pour que l’on réalise qu’il est plus que temps de changer nos habitudes de vie, d’entreprendre un grand ménage de notre planète et de cesser de consommer à outrance. 

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