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Elle n'est pas brisée : un message à ceux qui partagent leur vie avec une personne anxieuse

Femme angoissée

L’anxiété est un mot que je ne comprenais pas jusqu’à mon arrivée au Cégep. Je ne l’avais jamais utilisé. Un jour, devant une affiche qui exprimait les types d'émotions dans un cours d’anglais, j’ai vu le mot « anxious » et en le traduisant je me suis rendu compte que je n’avais jamais cherché à définir l’état anxieux.

Puis, au cours de ma vie d’adulte, ce mot est rapidement devenu chose du quotidien. Je ne pense pas qu’un seul jour passe sans qu’une référence à l’état anxieux ne passe sur mon fil Facebook, ne soit mentionnée dans les conversations que j’entends à la table à côté dans un café ou au bureau.

Et pour cause, selon les statistiques datant de 2012, 12% des femmes sont susceptibles de vivre un trouble anxieux généralisé au cours de leur vie contre 6% des hommes. Sur une population entière, c’est beaucoup de monde. Et c'est deux fois plus de femmes que d’hommes.

Je connais maintenant le mot anxiété comme je connais le mot kombucha. Longtemps, il n’existait pas. Puis maintenant, il est partout. Et dans les deux cas, je n’aime pas nécessairement ce qui se cache derrière les lettres.

L’état anxieux a beau être plus « tendance » que jamais, c’est un trouble qui fragilise des vies, et qui complique parfois le couple. C’est pourquoi lorsque j’ai lu le texte « Elle n’est pas brisée : lettre à un homme dont la conjointe a un trouble anxieux» ( ‘She’s not broken’ : To the man whose wife or partner has anxiety) de Laura Mazza sur le site Love What Matters, j’ai pensé aux contacts sur mon fil Facebook, aux conversations des voisins à la table d’à côté dans un café ou des gens au bureau.

Ce cri du cœur destiné à ceux (ou celles!) qui vivent avec un partenaire qui souffre d'un trouble anxieux est bien touchant et empreint de solidarité humaine.

«Vous savez, ces moments où elle vous demande ce à quoi vous pensez et que vous répondez « rien » et qu’elle ne comprend pas… C’est parce qu’elle, elle ne pense jamais à rien. Ses pensées jouent en boucle comme un train de marchandises dans sa tête pleine vapeur, encore et encore. C’est épuisant pour elle. C’est pour ça qu’elle est fatiguée.»

L’auteure décrit les difficultés que peuvent vivre au quotidien les gens anxieux, comme éviter de sortir de la maison à force de constamment penser au pire.

Ce n’est pas toujours évident de partager sa vie avec une personne anxieuse. C’est difficile de voir la cible de notre affection être blessée : la pression peut être immense. La blogueuse insiste pour que l’autre sache que malgré les tourments internes des gens angoissés, votre partenaire est aussi sensible au sort des autres, et elle s'inquiète aussi pour vous et à ce qui pourrait vous arriver. 

Vous ne pouvez pas la réparer, elle n’est simplement pas brisée. Mais vous pouvez l’aider.

Vous pouvez lui donner un coup de main pour faciliter son quotidien. Si elle voulait aller dans un party d'amis et qu’elle sent qu’elle ne peut finalement pas le faire, il ne faut pas la culpabiliser, elle se sent déjà mal. L’auteure conseille simplement de lui dire que c’est correct. Occupez-vous d’amener les enfants au parc si elle a besoin d’un moment de repos.

Elle conclut en conseillant la patience. Même si vous n’avez pas toutes les réponses, elle sentira votre affection pour elle si vous agissez avec délicatesse.

Elle semble vulnérable et effrayée, mais elle a décidé de partager cette faille en elle avec vous. Vous n’avez pas besoin de ressentir son mal pour elle. Il suffit de l’accompagner et de l’aimer comme elle est, car elle n’est pas brisée. 

Ce beau message d’empathie vise tous ceux qui s’en font pour un proche qui souffre d’un problème de santé mentale au quotidien. Après tout, l’amour est un baume efficace qui n’efface pas tout, mais qui soulage bien des maux.

Plus on parle de cette réalité encore trop tabou, plus on la comprend, et mieux on est équipés pour épauler ceux qu'on aime.

 


Anxiété, stress et trouble anxieux