Certaines catastrophes spatiales, aux résultats souvent dramatiques, sont de plus en plus vécues en direct par des téléspectateurs et sont filmées, que ce soit par les agences spatiales, les télévisions ou les amateurs. Voici 15 catastrophes spatiales, autant de monstres technologiques qui ont coûté des milliards de dollars et qui ont disparu, pouf!, le temps de le dire.

1959 - Flopnik

Le premier échec de l’exploration spatiale

Deux mois après le lancement du premier satellite soviétique Spoutnik sur orbite terrestre, les Américains ont répondu avec  Vanguard TV3, un satellite dont la mission s’est terminée quand la fusée a explosé comme une boule de feu sur la plateforme de lancement, le 6 décembre 1957.

Deux secondes après avoir quitté le sol et s'être élevé d’environ 1,20 mètres, le satellite a basculé et a heurté la rampe de lancement. Les réservoirs de carburant ont éclaté, le satellite a explosé et endommagé la rampe de lancement. L’échec de ce lancement, diffusé en direct devant les caméras du monde entier, si peu de temps après la réussite soviétique Spoutnik 1, lui a valu le surnom de Flopnik.

1959 - Titan 1

Une autodestruction erronée

Titan I était le deuxième et le plus gros missile balistique intercontinental jamais déployé par les États-Unis. La fusée Titan I a passé trois ans de tests avant d’être mise en service en 1962. Son plus grand échec a eu lieu le 12 décembre 1959, à Cap Canaveral, quand les vibrations du lancement de la fusée, chargée d’environ 100 tonnes d’oxygène liquide et de kérosène, ont déclenché une fausse commande d’autodestruction alors que la fusée était encore sur la rampe de lancement.

1960 - La catastrophe de Nedelin

La catastrophe de Nedelin est survenue en octobre 1960, au cosmodrome de Baïkonour, en Union soviétique. L’allumage prématuré des moteurs du second étage d’un prototype de la fusée R-16 a provoqué une explosion qui a tué entre 78 et 126 personnes, selon les sources. L’une des victimes était le maréchal des forces stratégiques soviétiques, Mitrofan Nedelin, qui a donné son nom au désastre.

Le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtev a immédiatement considéré la catastrophe comme secret d’État. On annonça que Nedelin était mort dans un accident d’avion. Une commission d’enquête a démontré que les mesures de sécurité n’avaient pas été respectées et qu’il y avait trop de monde sur l’aire de lancement au moment de l’explosion. Le secret ne fut cependant levé qu’en 1990. 

1962 - Les fusées Atlas Centaur

Le 8 mai 1962, la première fusée Atlas Centaur explose dans les airs lors de son test d’essai. Trois ans plus tard, une autre Atlas Centaur, la fusée Atlas LV-3C Centaur-C, emplie d’oxygène liquide et de kérosène, s’est autodétruite, à Cap Canaveral, en Floride.

1969 - Fusée N1

Une explosion semblable à celle de Hiroshima

Le 3 juillet 1969, l’une des quatre fusées N1 que les Soviétiques voulaient envoyer sur la lune a explosé sur la rampe de lancement. L’explosion de 678 574 kilos d’oxygène liquide et de kérosène a propulsé une énergie égale à l’explosion de Hiroshima. C’était la plus grosse explosion d’origine non nucléaire de l’histoire de l’humanité.

1986 - Navette Challenger

L’explosion de la navette spatiale Challenger 73 secondes après son décollage le 28 janvier 1986 a tué sept astronautes. Cet accident spatial a résonné comme un coup de tonnerre dans le monde entier.

C’était la première fois dans l’histoire de l’exploration spatiale américaine que des astronautes étaient tués en vol. Un mois après cette catastrophe, le premier lancement de la NASA après le désastre de Challenger s’est aussi terminé en désastre avec la perte de la fusée Delta et du satellite météo GOES-G, le 3 mai 1986. L'enquête démontrera que la catastrophe était parfaitement évitable et qu'elle s'est produite à cause de sous-estimation du danger, de mauvaises décisions, d'un horaire de vol irréaliste, de la météo inadaptée et de l'absence de système de survie.

Avec 5,5 milliards de dollars dépensés, l'explosion de Challenger est la cinquième catastrophe technologique la plus couteuse de l’histoire, derrière la catastrophe de Tchernobyl en 1986, l'explosion de Deepwater Horizon en 2010, Columbia, en 2003 et le naufrage du pétrolier Prestige, en 2002.

1986 - Titan 34D

Une année difficile

L’année 1986 n’était pas très favorable aux lancements. Le 18 avril, une fusée Titan 34D-9 lancée à partir de la base aérienne de Vandenberg, en Californie, a explosé quelques secondes à peine après son décollage. Les fusées Titan 34D ont connu 13 lancements réussis et deux ratés entre 1982 et 1989.

1996 - Les fusées Long March 2 et 3

http://youtu.be/pq9iYyBYJMI Les fusées chinoises En 1995, la fusée chinoise Long March 2 a explosé à son décollage, faisant six morts. Un an plus tard, le 14 février 1996, sur exactement la même rampe de lancement, décollait Long March 3. La fusée, qui transportait un satellite Intelsat 708, a dévié de sa course immédiatement après son lancement et a explosé au-dessus d’un village voisin. À la suite du désastre, les médias étrangers ont été séquestrés dans un bunker pendant cinq heures avant d’être évacués. On estime le nombre de morts à plusieurs centaines de civils, ce qui ferait de cette catastrophe la pire en terme de nombres de pertes humaines.

1996 - La fusée Ariane 5

Un vol inaugural raté

Ariane 5 est un lanceur de l’Agence spatiale européenne développé pour placer des satellites sur orbite géostationnaire. En 1995, il a remplacé Ariane 4, qui ne permettait plus de concurrencer les satellites de télécommunications de masses. Le vol 501 le 4 juin 1996 était le vol inaugural d’Ariane 5.

À la suite d’un bogue informatique, la fusée s’est brisée et a explosé en vol, 36,7 secondes après son décollage. La fusée a explosé à 4000 mètres au-dessus du centre spatial de Kourou, en Guyane française. Il n’y a eu ni blessé, ni morts, mais toute la charge utile de la fusée a été détruite dans l’explosion, soit quatre satellites d’une valeur totale de 370 millions de dollars.

1997 - Delta II

Une pluie enflammée

Le 17 janvier 1997, une fusée Delta II s’est autodétruite 13 secondes après son décollage du cap Canaveral. L’explosion catastrophique a fait pleuvoir sur toute la région des débris enflammés. L’accident a détruit un satellite de 40 millions de dollars conçu pour faire partie du système GPS des forces aériennes américaines.

1998 - Titan IV

Une perte d’au moins un milliard de dollars

L’échec du lancement de la fusée Titan IV le 12 août 1998 a occasionné la perte du satellite-espion ultra-secret Mercury, évalué à un milliard de dollars. À peine 40 secondes après le décollage, un court-circuit a causé une courte panne dans le système d’orientation. La fusée s’est inclinée et a commencé à se briser en morceaux ce qui a causé son auto-destruction.

2003 - La navette Columbia

Une descente mortelle

La navette Columbia s’est désintégrée en entrant dans l’atmosphère le 1er février 2003, tuant du même coup les sept membres de son équipage, dont la première femme d’origine indienne à aller dans l’espace et le premier astronaute israélien. Cette catastrophe n’aurait jamais eu lieu, dit-on, si la NASA n’avait pas répété les mêmes erreurs que lors de la catastrophe de Challenger.

Les négligences de la NASA sont de nouveau pointées du doigt et le programme des navettes sera finalement arrêté en 2011. Les pertes de Challenger et de Columbia auront joué un rôle déterminant dans cette décision.

2007 - Zenit 3SL

Un lancement à l'eau

Le 30 janvier 2007, la fusée sans pilote Zenit 3SL, remplie d’oxygène liquide et de kérosène, devait transporter un satellite en orbite à partir de la rampe de lancement maritime Ocean Odyssey. Elle ne s’est jamais rendue.

 

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