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540 M$ pour prévenir les inondations autour des lacs Manitoba et Saint-Martin

Un projet de canaux de dérivation très attendu dans le sud du bassin du lac Manitoba a été lancé par le ministre des Ressources naturelles du Canada, Jim Carr, et le premier ministre provincial, Brian Pallister.

La région est régulièrement victime de graves inondations. Les débordements d'eaux de 2011 et de 2014 sont profondément ancrés dans la mémoire des communautés et des Premières Nations établies sur les rives du lac Saint-Martin.

Les changements climatiques font également craindre de nouvelles catastrophes. Les élus réclament la construction d’infrastructures de contrôle des eaux depuis des décennies.

C’est pourquoi, en annonçant conjointement le lancement des projets de canaux de dérivation, le ministre Jim Carr et le premier ministre Brian Pallister ont tenu à souligner le caractère historique de cette entente.

« Aujourd’hui, nous mettons fin à 60 ans d’inaction autour de ce projet », a déclaré M. Pallister. « Je ne me souviens pas d’un projet qui ait été repoussé autant de fois et retardé aussi longtemps que celui-ci. »

Pour Jim Carr, ce projet est une « priorité majeure du gouvernement du Canada », et permettra d’assurer non seulement la protection des habitants autour des lacs Manitoba et Saint-Martin, mais aussi de relancer l’économie dans la région.

Le projet consiste en la construction de deux canaux de dérivation d’environ 23 kilomètres, auxquels s’ajouteront la construction de deux ponts, d’ouvrages de contrôle du niveau des eaux, d’une ligne de distribution de 24 kilovolts et l’ajustement des routes des environs.

Ottawa s’est engagé à investir 247,5 millions de dollars, issus du Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes lancé le mois dernier, et la province financera les 292 millions de dollars restants.

Entre soulagement et inquiétudes

Ce projet a été accueilli avec soulagement par une majorité des représentants de municipalités ou d’organismes présents lors de l’annonce.

« Nous espérons que cela signifie que les infrastructures vont enfin arriver, se réjouit Cheryl Smith, la préfète de la municipalité rurale de Saint-Laurent. Il y avait beaucoup de frustration parmi les habitants, parce que ces décisions prennent du temps, mais nous sommes vraiment contents aujourd’hui et nous attendons avec impatience. »

Brian Lemon, directeur général de l’Association des producteurs de bœufs manitobains, va dans le même sens.

« Cela fait des années que les producteurs de bœuf ont besoin de ce projet. Il faut comprendre que lorsque les pâturages sont inondés, il faut des années avant qu’ils ne soient de nouveau exploitables. En conséquence, nous avons perdu beaucoup de producteurs à la suite des inondations. Une annonce comme celle-ci apporte plus de sécurité pour l’avenir. »

C’est également l’avis de Louis Allain, directeur général du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba.

« C’est une grande victoire aujourd’hui, dit-il. Nous avons besoin de ce canal pour vider le lac en cas de pluies abondantes. Ici, nous avons appris à être résilients, mais on ne pouvait plus se permettre d’attendre et d’espérer que tout se passe bien. »

Les municipalités attendent des clarifications

Plusieurs incertitudes concernant le projet demeurent malgré tout, et inquiètent certains des principaux concernés. Comme Dan Meisner, préfet adjoint de la municipalité rurale de Grahamdale, qui explique que si cette annonce est positive, elle doit encore s’accompagner d’éclaircissements.

« Notre municipalité rurale est directement touchée par le tracé du canal de dérivation, explique-t-il. Alors nous nous demandons comment va se passer le processus d’expropriation pour les terres situées sur le tracé, et nous aimerions que la province nous en dise plus. Le gouvernement parle d’un processus de consultations, mais on attend encore de savoir quand ce sera fait. »

Pour l’heure, le projet de construction en est encore aux premiers stades, même si les tracés des futurs canaux semblent déjà avoir été arrêtés. Les consultations avec les Premières nations et les collectivités locales devraient se poursuivre dans les mois à venir pour permettre le début des travaux dès l’automne 2019.