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À l'aube d'un 24e mois de lock-out chez Bérubé GM

C'est le 8 juillet 2016 que le conflit de travail touchant les employés de garage du concessionnaire Bérubé GM de Rivière-du-Loup a été déclenché. Même si les négociations ont laissé croire à quelques reprises au cours des derniers mois que le lock-out tirait à sa fin, les parties patronales et syndicales n'arrivent toujours pas à s'entendre sur un nouveau contrat de travail.

Un texte de Jérôme Lévesque-Boucher

Selon le représentant syndical des employés, Gilles Prud'homme, les discussions sont au point mort. Pourtant, en avril dernier, les deux parties en étaient parvenues à une entente de principe. On tente de comprendre ce qui s'est produit. L'entente ne tient plus. On vient de solliciter le conciliateur de nouveau pour relancer les discussions rapidement, affirme M. Prud'homme.

Ce dernier affirme que les négociations achoppent sur deux points précis. C'est sur le protocole de retour au travail, et sur la grille salariale proposée par l'employeur qu'on ne s'entend pas. M. [Patrick] Bérubé nous demande une baisse de salaire de 4 % et une baisse du fonds de pension de 5,5 %. Gilles Prud'homme affirme que c'est sur ce dernier point en particulier que les discussions accrochent. Parce que pour le protocole de retour au travail, selon moi, c'est une formalité.

Le plus long conflit de travail

M. Prud'homme rappelle que le salaire des dix employés en lock-out est assuré par le syndicat. Il souligne que ce lock-out est le plus long conflit de travail actif au Québec. Malgré tout, le représentant syndical affirme que les employés touchés gardent le moral.

Sans vouloir mettre d'huile sur le feu, Gilles Prud'homme affirme que l'employeur se montre plutôt réticent lors des périodes de négociation. Je trouve que c'est un manque de respect pour les salariés et pour la clientèle. Si je faisais entretenir mon véhicule ici, j'aimerais bien avoir du service provenant de gens qualifiés, ce qui n'est pas le cas présentement.

Réaction de la partie patronale

De son côté, le propriétaire de Bérubé GM, Patrick Bérubé, affirme que depuis le début du lock-out le 8 juillet 2016, son but était de trouver un terrain d'entente pour rejoindre la masse salariale des autres concessions de Rivière-du-Loup. C'est-à-dire en réduisant les salaires et le fonds de pension qui est le double des autres concessions, explique-t-il par voie de communiqué. À ce titre, Patrick Bérubé soutient qu'une entente avait été acceptée par la partie syndicale le 23 novembre 2017.

Patrick Bérubé souligne par ailleurs qu'en ce qui concerne le protocole de retour au travail, celui-ci a bel et bien fait l'objet d'une entente le 18 avril dernier. Mais par la suite, [le protocole] fut modifié par le syndicat. Ainsi que la convention collective que le conciliateur du moment peut confirmer.

En date du 4 juillet 2018, il n'y a aucune nouvelle rencontre de négociation de prévue. On a demandé une nouvelle rencontre au conciliateur et nous sommes dans l'attente, conclut Gilles Prud'homme.

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