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À quoi faut-il s'attendre des prochaines négociations entre Unifor et Ford?

À la suite de la ratification réussie de l'entente avec Fiat Chrysler (FCA), Unifor va maintenant entamer les discussions avec Ford, le dernier des trois grands de l'auto à négocier avec le syndicat des travailleurs de l'automobile. 

Un texte de Marine Lefèvre

Selon Ian Lee, professeur en gestion stratégique à l'Université Carleton, ces négociations pourraient être plus difficiles que les deux précédentes.

M. Lee explique notamment que, contrairement aux deux autres constructeurs, Ford a annoncé depuis le début que sa priorité était d'obtenir une « entente mondialement compétitive », et non seulement sur la scène canadienne ou nord-américaine.

M. Lee pense donc que les négociations vont se jouer beaucoup plus dans le domaine de la rémunération chez Ford que chez les deux autres constructeurs, qui avaient d'autres préoccupations, en particulier la fin des régimes de retraite à prestations déterminées qui minaient les finances des deux compagnies.

Mathieu Dupuis, chercheur postdoctoral à l'Université Cornell et spécialiste en relations industrielles, s'attend toutefois à des négociations plutôt calmes après qu'Unifor eut imposé une entente-cadre aux deux premiers constructeurs. Il ne croit pas pour sa part qu'il y aura des conflits en matière de conditions de travail.

Les négociations pourraient toutefois être plus complexes sur la question des investissements puisque Ford a déjà montré qu'elle pouvait facilement déménager sa production. En 2014, le constructeur américain avait privilégié une usine de moteurs au Mexique plutôt que celle de Windsor pour la production d'un nouveau produit.

Si les gouvernements canadien et ontarien se sont faits discrets depuis le début des négociations dans le secteur, Ian Lee souligne qu'ils ont un rôle certain pour aider à la signature d'une entente : « Ils vont tout faire pour garder Ford ici comme ils l'ont fait avec GM et FCA ».

Pour sa part, le gouvernement fédéral actuel s'est montré plus favorable aux investissements que le gouvernement conservateur, explique Mathieu Dupuis. « Il a fait un pas important en transformant certaines subventions en recherche et développement en investissements directs de la part des gouvernements. », souligne-t-il.

M. Dupuis estime que les gouvernements attendent l'issue des négociations avant de s'engager concrètement.