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Abandon d’Énergie Est : « C’est une excellente nouvelle » - Sylvain Juneau

L'abandon du projet d'oléoduc Énergie Est par TransCanada suscite plusieurs réactions dans la région de Québec, où un tronçon aurait traversé le fleuve à la limite de Saint-Augustin-de-Desmaures pour se rendre sur le territoire de Lévis.

La nouvelle est accueillie avec satisfaction par le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau.

« C’est une excellente nouvelle. Chez nous, à Saint-Augustin-de-Desmaures, on s’opposait formellement au projet pour toutes sortes de raisons, mais d’abord et avant tout pour des questions de sécurité des personnes et de l’environnement. »

Sylvain Juneau estime que la pétrolière albertaine ne fournissait pas suffisamment de garanties pour la sécurité environnementale avec la traversée sous-fluviale de son oléoduc dans un endroit névralgique.

Soulagement à Québec et Lévis

Le maire de Québec, Régis Labeaume, abandonne dans le même sens. Il souligne que les risques associés au passage de l'oléoduc sous le fleuve Saint-Laurent, entre Saint-Augustin-de-Desmaures et Lévis, étaient loin d'être insignifiants.

« C’est nous qui étions les plus vulnérables là-dedans. Le fleuve, c’est au gouvernement, mais ça s’adonne qu’il traverse à Québec. Alors, pour nous autres, c’est un danger qui est écarté puis bravo », se réjouit M. Labeaume.

Son homologue de Lévis voit également d'un bon œil l'abandon du projet de pipeline Énergie Est. Selon Gilles Lehouillier, le risque de contamination des sources d'eau potable en cas de déversement était bien réel à Lévis. Il affirme ne jamais avoir été convaincu par le plan d’urgence de TransCanada.

« Pour nous, il y avait plus de contraintes que d’aspects positifs. On traversait pas loin de 50-60 cours d’eau [sur une distance de plus de] 50 kilomètres. Alors, c’était quand même énorme. Juste la protection de nos sources potables, ç’aurait pu coûter jusqu’à 70 millions de dollars », mentionne le maire.

Victoire pour les groupes environnementaux

Les mouvements environnementaux crient aussi victoire. La porte-parole de STOP oléoduc, Anne-Céline Guyon, rappelle que le projet faisait l’objet d’une mobilisation citoyenne, environnementale et syndicale depuis quatre ans.

« C’est une victoire très symbolique pour l’ensemble du mouvement environnemental. Stopper Énergie Est, ça envoie un message extrêmement clair que toute cette industrie-là, c’est une industrie du passé et que l’avenir, c’est la transition. Il faut aller vers les énergies renouvelables », dit-elle.

Elle souligne que les risques pour les sources d’eau potable, l’émission de gaz à effet de serre ont mobilisé la population québécoise contre le projet.

Pas rentable, dit le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec

De son côté, Carole Dupuis, porte-parole et coordonnatrice générale du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec qualifie également l’abandon de « nouvelle extraordinaire ».

Elle dit ne pas croire la raison évoquée par la pétrolière qui n’entend pas poursuivre les démarches du projet à la suite de l’analyse des nouvelles exigences de l'Office national de l'énergie.

« Je ne crois pas une seconde l’affirmation de M. Girling [président et chef de la direction]. Tout d'abord, il admet que son projet cause un immense problème au niveau des GES en utilisant cette excuse, mais quant à moi, ce projet n’avait aucun avenir économique et c’est pour ça que ça a été abandonné. »

Le projet d'oléoduc Énergie Est avait pour objectif d'acheminer 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux par jour de l'Alberta jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, grâce à un pipeline de 4600 kilomètres.

Le projet impliquait la construction d'un tronçon de centaines de kilomètres, principalement au Québec et au Nouveau-Brunswick.

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