Retour

Abandon du projet Énergie Est : quelles options pour le N.-B. ?

Le maire de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, et Irving Oil expriment leur déception concernant l'abandon du projet Énergie Est. Pendant ce temps, des experts affirment que les occasions perdues n'étaient pas aussi intéressantes que ce que les défenseurs du projet avaient fait miroiter et qu'il est temps de penser à d'autres options de développement.

Un texte d'Anaïs Brasier, avec La Presse canadienne

Le maire de Saint-Jean, Don Darling, est en deuil. L’ancien homme d’affaires misait sur Énergie Est pour donner un nouveau souffle à sa ville, ou devait aboutir l’oléoduc.

À court terme, la ville sera confrontée à un déficit de 4,5 millions de dollars cette année et devra prendre des décisions difficiles pour ne pas augmenter les impôts fonciers de ses 67 000 habitants, selon le maire.

Irving Oil a aussi réagi à l’annonce de TransCanada. « Nous sommes déçus de cette décision. C’est un jour triste pour le Canada. [...] Ce projet représentait un investissement de 15 milliards de dollars du secteur privé qui aurait favorisé d’autres investissements et projets au pays, et créé des milliers d’emplois ».

Peu d’emplois à long terme

Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, n’est pas du même avis.

Toujours selon Pierre-Olivier Pineau, il se serait agi « d’emplois marginaux de manutentionnaires dans le port et d’entretien du pipeline ».

Il rappelle d’ailleurs que le projet Énergie Est était un projet de transport du pétrole. « De là à croire qu’il y aurait eu de nouvelles raffineries au Nouveau-Brunswick et de nouveaux débouchés, c’est certain que non! »

Plus de place pour les énergies renouvelables

L’abandon du projet Énergie Est pourrait faire place à des occasions plus intéressantes à long terme, dont la production d’énergie renouvelable, soutient Yves Bourgeois, doyen du campus de Shippagan de l’Université de Moncton et directeur du Centre d’innovation et de productivité.

« Si on regarde les tendances économiques et technologiques, toute la planète se tourne vers les énergies renouvelables. »

Par contre, peu de pays ont développé les technologies de production de ce type d’énergie, ce qui ouvre une porte au Nouveau-Brunswick, selon Yves Bourgeois. « Si on fait partie des premiers à perfectionner la technologie, on a la chance de l’exporter à l’échelle mondiale. »

Pour saisir cette occasion, une vision à long terme est nécessaire, ajoute-t-il. Le développement des technologies de production pourrait prendre jusqu’à 10 ans. Or, les gouvernements sont soumis au test des électeurs tous les quatre ans et n'ont pas toujours la volonté de planifier à long terme, déplore-t-il.

« Il y a une impatience du côté du public pour l’emploi. On a les revenus par ménage les plus faibles au pays, on a un taux de chômage quand même élevé et beaucoup d’emplois précaires, alors on essaie un peu de boucher les trous. Mais si on pense juste au court terme, on va se retrouver dans la même situation dans 10 ans. »

Selon Yves Bourgeois, la production et l’exportation d’énergies renouvelables pourraient créer des emplois « durables, soutenus et à long terme » et donner un élan à l’économie du Nouveau-Brunswick.

Plus d'articles

Commentaires