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Accès Famille : l’achat d’une première propriété toujours difficile à Québec

Le programme Accès Famille, qui vise à aider les jeunes ménages de Québec à acheter une première maison, n'atteindra vraisemblablement pas ses objectifs. Moins de 100 familles ont profité d'une subvention de la Ville depuis deux ans.

Un texte de Olivier Lemieux

Avec 460 ménages déclarés admissibles depuis le lancement de l’initiative au printemps 2015, c’est dire qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus au sein du programme Accès Famille.

Selon François Desrosiers, professeur en gestion urbaine et immobilière à l'Université Laval, la Ville est très loin de sa cible d’aider 600 jeunes ménages à accéder à la propriété en quatre ans.

François Desrosiers rappelle que 5 millions de dollars avaient été réservés afin d’octroyer des prêts sans intérêt aux candidats admissibles. L’argent devait servir à financer les mises de fonds des acheteurs. Or, un peu plus d’un million de dollars ont été versés jusqu’à maintenant.

« On est encore loin du compte, mentionne François Desrosiers. Ça va prendre plus de temps pour épuiser le budget qui était prévu. »

Règles hypothécaires

François Desrosiers constate que plusieurs ménages à petits revenus peinent actuellement à acheter une première propriété en raison du resserrement des règles hypothécaires par le gouvernement fédéral.

La Ville peut choisir de bonifier son programme de soutien pour atteindre ses cibles, mais il conseille à l’administration Labeaume de jouer de prudence.

« La Ville s’expose à des pertes sur le programme si elle augmente trop ses contributions », prévient M. Desrosiers.

Les nouveaux propriétaires misent actuellement sur l’augmentation de la valeur de leur maison afin de rembourser leur prêt au moment de la revente, mais comme le marché immobilier ralentit, les profits espérés ne seront peut-être pas au rendez-vous.

La Ville satisfaite

De son côté, la responsable du dossier au sein de l’administration Labeaume se dit satisfaite de la performance d’Accès Famille.

« C’est un programme qui sera toujours à revoir et à améliorer », plaide Chantal Gilbert.

À ses yeux, même si les objectifs énoncés au départ sont loin d’être atteints, le programme contribue tout de même à freiner l’exode des ménages vers les municipalités périphériques.

« Si on atteint le chiffre de 300 après quatre ans, c’est des familles qu’on va avoir aidées et surtout, qu’on va avoir gardées sur le territoire de Québec », dit-elle.

Chantal Gilbert n’entrevoit pas de changement aux critères d’admissibilité du programme pour l’instant.

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